I. La guerre d'aujourd'hui
a. G onéral F. von BeraHardi, [,'A Hcmagne el la prociuzine guerre, 1 vol. grand in-8, 7 fr. 5o, Payot, Paris.
CONCLUSION a53
pratiquent les nations de l'Entente par effroi des résolutions viriles e! pour faire ci ;hec à un pays plein dejcunesse et de force dont l'expansion est cependant nécessaire. La lui te est donc certaine; elle est proche. Que l'Allemagne s'arme, qu'elle et ses chefs regardent fermement la tache à entreprendre. Et, quand elle sera prête, qu'elle marche. Au hesoin, sa diplomalie « biseautera les cartes », car il peut y avoir quelque avantage à obliger l'ennemi à attaquer. Des prétextes? Ils abondent aussi bien en Afrique qu'en Europe.
Celui-là au moins parle net et Ton sait à quoi s'on tenir. Ii parle si net que le? Allemands eux-mêmes ne lui en surent aucun gré, et se montrèrent froissés, non de l'idée, cela va sans dire, mais de la stupidité dangereuse de ce prestidigitateur malhonnête qui s'en allait de par le monde, dévoilant le « truc ».
Ludeitdorff, lui, prête à ses adversaires les mobiles qui Taniment et, qu'au moins publiquement, il dissimule. De même que l'Entente a voulu la guerre, de même elle refuse de traiter, quand on le lui propose, parce que son seul but est de jeter bas la Grande Allemagne. Il ne veut pas voir que celle-ci fait la guerre pour en tirer profit à notre détriment et que la France se bat pour ne pas périr avec sa liberté. Il se plaint que son pays n'ait pas produit un Clemenceau. C'est peut-être crue Bethmann-Hollweg ne luttait pas pour le même motif; c'est peut-être que ces deux
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hommes notaient pas suivis de foules animées du même esprit. Une telle hypothèse ne peut venir à l'esprit de Ludendorff.
Sa foi dans la mission quasi-divine de l'Allemagne nous donne l'explication de son obstination et de sa force de « tranquille décision ». Qui détient la vérité s'y maintient quand même, envers et contre tous. Celui-là n éprouve aucun doute qui possède la sûre doctrine, et s'y conforme.
Nous y trouvons aussi la clef d'une autre particularité du caractère de cet homme extraordinaire. Il a la haine innée de tout ce qui, dans l'histoire, vint contrarier la politique des Hohenzollern, comme les vrais croyants ont horreur des hérétiques.
Il est donc aussi vindicatif qu'orgueilleux. Il l'est, à certains moments, au point d'en être enfantin. C'est ainsi qu'il donne à sa première victoire le nom de Tannenberg, sous prétexte de venger un affront subi par des Allemands plus jeunes de cinq siècles. C'est, en effet, le i5 juillet i4io qu'à Tannenberg, Lithuaniens et Polonais réunis infligèrent une défaite aux chevaliers de l'Ordre Teutonique et enrayèrent de ce fait — crime impardonnable I — la colonisation allemande en terre slave.
A Kowno, lorsqu'il regarde la stèle qui, sur la rive gauche, marque le point où Napoléon, en juin 1812,