‹ Lueurs d'aurore [microforme]Chapitre 28 sur 95 · SYMPATHIQUEMENT · texte numérisé non relu

SYMPATHIQUEMENT

Tu vas laisser, enfant, la tutelle d’un père

Et livrer ton cœur vierge au lien conjugal ; Si près de la quitter, écoute encor ta mère, A'ses baisers encor prête un front ” :ginal.

Demain — déjà demain ! — Ô ma.fille si chère ! Tu feras le serment de n’être plus à nous, D’oublier sans retour les beaux temps de naguère,

De renoncer aux tiens pour suivre ton époux.

Tu t'en vas délaisser le foyer sans nuage,

Où tu coulas en paix les meilleurs de tes ans... Sache-le, mon enfant, l’astre du mariage

Ne brille pas toujours des doux feux du printemps.

. Mais, si ton amour pur, ton ivresse naïve

T'ont soumise au pouvoir d’un vainqueur généreux, Sois heureuse, Ô ma fille ! et que rien ne t'arrive Pour troubler ton bonheur ! Tous'deux soyez heureux !

PRÉ" NRere

LA MÈRE DE L'ÉPOUSÉE

Que la brûlante ardeur de la sainte hyménée

Dans vos deux cœurs jamais n’éteigne son flambeau ! Tant qu'il brille, vois-tu, la vie est fortunée £

Un amour immortel est un bienfait si beau !

Aimez-vous ! aimez-vous ! c’est la force de l’âme, Le trésor de l’hymen, le secret du bonheur !

L'amour, c’est un foyer qui, de sa pure flamme,

Échauffe, réjouit et fait vivre le cœur !

Tout fasciné, ton œil n’entrevoit de la vie Que les plus beaux côtés, les aspects les plus doux ; Tout est rose, en ce jour, ta jeune âme est ravie,

Tu ne lis que bonheur dans les yeux d’un époux.

Cependant, mon enfant, chaque heure a sa tempête, Chaque jour ses périls, chaque instant son danger ;

Le regret réste seul des plus grands jours de fête, Quand le ciel s’obscurcit, quand le vent va changer

Enfant, je te bénis! Va, si dans sa clémence, Le Ciel semait un jour l'épreuve sous tes pas, Reviens à moi, reviens en toute confiance,

Car le cœur d’une mère, enfant, ne change pas!

Octobre, 1887. : “ei N ovembre, 1894.

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