A MA CHÈRE GRAND MAMAN
Ah ! qu’il m'est bien doux de chanter, grand'mère, Tes lustres brillants !
C’est qu’il est très-beau, ton anniversaire,
Quatre-vingt-cinq ans !
Brillant, c’est le mot : ta verte vieillesse,
Tu la fais aimer !
Partout on l’admire, et moi, je m'empresse
De t'en informer !
Dix-sept lustres, quoi ! C’est à n’y pas croire, A voir, grand'maman, Ton port et tes traits... Mais c’est de l’histoire,
Et c'est vrai, pourtant.
Tant mieux, c’est que Dieu te réserve encore * De longs jours heureux !
Ce n’est pas en vain que chacun l’implore,
T1 comble nos vœux !
80 DIX-SEPT LUSŸRES
Nous l’affons prié ce Dieu de clémence, Et nous le prions :
I1 prolongera ta chère existence,
Pour que nous t’aimions !
Qu'Il te laisse vivre ét qu’Il te dispense Dix lustres nouveaux !
Et puis qu’Il t’appelle à la récompense
De tes longs travaux !
Oui, poursuis le cours de ta belle vie,
Encor bien longtemps ;
À nos cœurs aimants ne sois pas ravie,
Pas avant cent'ans !
Car nous t’aimons bien, et de ta famille Tu fais le bonheur, Comme un doux foyer ta présence y brille,
Y met la chaleur.
Oh! nous Ÿ’aimons bien, d'affection tendre, Nous le proclamons.
. *« $ * Puissent mes accents te le faire entendre,
Comme nous t’aimons !
DIX-SEPT LVSTRES
Ah qu’il m'est bien doux de chanter, grand’mère Tes lustres brillants !
C’est qu’il est très-beau, ton anniversaire :
Quatre-vingt cinq ans ! !
Février, 1889.
SOURIRE AIMÉ
SOURIRE AIMÉ