POUR MA BELLE
Si tu savais mon sentiment, Quand je te vois gaie et joyeuse :
Quand ta prunelle radieuse Laisse filtrer l’enivrement !
Si tu pouvais goûter l'ivresse Dont je déborde, en ces instants Où tu souris et me comprends,
Où tu réponds à ma tendresse !
Si tu connaissais les attraits De ton sourire, et ses doux charmes, Oh ! tu concevrais mes alarmes,
Et, dans ton cœur, tu me plaindrais !
Ce rire aimé dont je m’abreuve, Ah ! que ne le peux-tu goûter ! | Tu ne saurais longtemps douter d | Mars, | Qu’y résister soit une épreuve !
SOURIRE AIMÉ
Pour un seul regard de tes yeux, L'on attendrait toute sa vie !
Mais chacun doit brûler d'envie
Quand naît ton sourire joyeux !
‘ Si tu savais la jouissance Qu’épanouis offrent tes traits :
Oh! j'en suis sûr, tu sourirais,
Ne fût-ce que par complaisance !
Ton doux sourire, c’est ma loi, C’est mon orgueil, mon espérance :
Toujours, il calme ma souffrance
Et me rend plus heureux qu’un roi !
Ah ! si jamais, Ô ma chérie !
Ton cœur aima profondément, J’ose espérer que mon tourment
F ra compris de toi, ma mie !
Pardonne d'aussi francs aveux :
Toi seule as causé mon délire !...
Mais, d’un seul mot, d’un seul sourire, Tu peux, aussi, me rendre heureux au
Mars, 1889. 4 Lu