COMPOSÉ, SUR PRIÈRE, POUR LES ‘ GRADUÉES DE MARIA-VILLA
Ce que vous nous disiez, Ô nos honnes maîtresses,
ce C’est donc vrai : nous voulions n’y pas croiré, autrefois ; Que la vie a, souvent, de bien rudes caresses, Que son moindre bonheur-s’achète par des croix !...
Notre tour est venu de goûter les alarmes, A De connaître ton fiel, 6 coupe des regrets. * À Pour un jour d’allégresse, il coûte bien des larmes ; Celui, dont, une fois, nous vantions les attraits.
Le # |. A C'est que nous ignorions, “ Villa,” ce qu'on endure, : En laissant, pour jamais, ton asile chéri : Jusque là, notre cœur demeurait sans blessure,
Aujourd’hui, nous savons, . . .et ce cœur est meurtri...
| Nous disions, jadis, en partant ensemble :
+ Allons, pour deux mois, chercher le repos, :# Puis, que. la rentrée, ici, nous rassemble,
“ 4 Pour couler en paix, nos jours les plus beaux.
LE JOUR DES ADIEUX
À ce rendez-vous, nous étions fidèies, Fières de revoir notre ‘ Alma Mater :” Elle nous offrait, faibles hirondelles,
Sous son aile aimée, un refuge ouvert.
C'était notre joie et notre espérance, Tout ce qui pouvait mieux nous consoler, Quand nous la quittions, de songer d'avance
Qu’une année encor, nous-pourrions l’aimer !
C’en est fait, pour nous, pauvres “ graduées,” Il faut se résoudre à n’y plus venir :
Ah ! nous comprenons, nos chères aînées,
Pourquoi vous pleuriez avant de partir !...
Mais comment attrister un si beau jour de fête 1... Calmons donc nos soupirs, refoulons nos sanglots. .…. À chanter, près de nous, tout un monde s'apprête, Laissons donc s’exhaler l'harmonie, à longs flots !
Soyez fofts, 6 nos cœurs, armez-vous de courage, Mêlez-vous au concert de ces joyeuses voix ;
Que vos navrés accents rendent un digne hommage A ces lieux tant aimés, pour la dernière fois,
O chère. “ Villa,” le sort nous éloigne De ton lac béni, tes bois enchanteurs ; Mais, crois-en la foi qui te le témoigne,
I] ravit nos corps et laisse nos cœurs !
LE JOUR DES ADIEUX
I] nous faut partir, adieu la Madone !
Vers qui, tant de fois, se portaient nos pas !
Ce n’est point le cœur qui vous abandonne, Mère, vous savez : ne nous quittez pas !...
Adieu les bosquets et l’allée ombreuse, Et le beau jardin tout ensoleillé !
Les Si l’âme, jamais, fut vraiment heureuse, C’est quand vos attraits pour nous ont brillé. es,” ; De nos jours d’ennui vos, serez le charme,
Tendres souvenirs de notre ‘ Villa ”!
M ; L'âme se délecte et l’aigreur désarme, e x Parmi ces douceurs et ces beautés-là !
7... fic VS + Pour vous, que dirons-nous, 6 toutes bonnes mères ?. ête, N ous ouvrons notre cœur, c’est celui d’un enfant !... ni Si cela vous suffit, suivez de vos prières 6, A Celles qui vous suivront, en esprit, rien souvent ! nage Adieu ! nos jeunes cœurs qui restez sur la rive, |
N'’allez pas oublier celles qui n’y sont plus ! -Unissons-nous parfois, — la pensée est si vive —. Dans le cœur sacré de Jésus !
Juin, 1889.
RÊVE ET RÉVEIL
RÊVE ET RÉVEIL
PES | A Qu VERS ÉCRITS DANS UN ALBUM DE JEUNE FILLE à Dec rar Juill Lorsque l’on a rêvé d’un cœur tout plein de flamme, D’élans tendres et doux et d’un amour vermeil ‘ Lorsque l’on a rêvé de lui livrer son âme, Et qu'on le trouve froid, que dur est le réveil ! Mais si, par le réel, notre rêve s’efface, Si l'on trouve ce cœur qui ne convient qu'à nous,
S'il accepte nos vœux et se donne avec grâce, : De ce rêve enchanté que le réveil est doux !. .. "|
Lorsque l’on a rêvé d’une âme généreuse,
D'un ami qui nous soit comme un autre pareil,
Dont notre affection, en tout temps, soit heureuse, S'il est faux cet ami, que triste est le réveil !.., Mais quand Dieu récompense une amitié modèle Des faveurs d’ici-bas, le plus digne cadeau
Qu'il lui fasse est celui d’un ami très fidèle :
De notre rêve, alors, + le réveil est seau ! : “x
CTP
‘ RÊVE ET RÉVEIL
Pour vous, ce sont mes vœux, que ces rêves s’effacent. Que leur réalité, doux rayon de soleil,
Réjouisse votre âme et n’y laisse de traces
Que celles du bonheur : ayez un beau réveil !.
Le bonheur qui vous suit, vous le rêvez encore
Sous un aspect nouveau. . que nous désirons tous !... Que vous deviez l’attendre ou du’il soit près d’éclore, De ce rêve charmant que le réveil soit doux !1!!...
Juillet, 1889.
“AUTOMNALE
AUTOMNALE
mm
La blonde moisson à peine est coupée,
Et l’on voit jaunir le dôme des bois, 1 Oct De brumes la terre est enveloppée ;
La blonde moisson à peine est coupée,
De concerts d'adieu, triste mélopée !
L'on n'entend, partout, que mourantes voix.
La blonde moisson à peine est coupée,
Et l'on voit jaunir le dôme des bois.
La treille s’agite au vent, dépouillée,
Les petits oiseaux y sont grelottants.
Ts l'ont, en partie, eux-mêmes pillée ;
La treille s’agite, au vent, dépouillée,
Les gais bataillons de la gent ailée Voleront, tantôt, vers d’autres printemps.
La treille s’agite au vent, dépouillée,
Les petits oiseaux y sont grelottants.
AUTOMNALE
Gloire à vous, Seigneur, quand le soleil brille De feux moins ardents, au front des hivers :
| Et, lorsqu’à l'automne, encore il scintille ! Gloire à vous, Seigneur, quand” le soleil brille ! Sous les bérceaux nus, plus de jeune fille !
L'homme est mieux à vous, en ces deuils divers... Gloire à vous, Seigneur, quand le soleil brille De feux moins ardents, au front des hivers !
Octobre, 1889.
LE TERTRE OÙ NOUS ALLIONS PRIER
LE TERTRE OÙ NOUS ALLIONS PRIER