‹ Lueurs d'aurore [microforme]Chapitre 80 sur 95 · RIMES D’ADIEU · texte numérisé non relu

RIMES D’ADIEU

Tu ne veux plus me dire, enfant, comme tu m'aimes, Et, pourtant, je le sens, je le lis dans tes yeux,

En ta câlinerie, en tes dénis eux-mêmes,

En tes rires de nymphe, en tes accents mielleux.

Tu me caches en vain ta vieille idslâtrie,

En me parlant d’amour pour un rival heureux ;

Ton âme pour lutter est trop faible et meurtrie,

Et ton sang, pour mentir, trop vif et généreux.

Ta main tremble et s’agite, au contact de la mienne, Et ton œil s’alanguit sous mon regard fixé ;

Je n’ai qu’à désirer que ton baiser me vienne

Pour le voir sur ma lèvre accourir, empressé.

Te souvient-il qu’hier encore, à tes caresses

Quand je m’abandonnais dans tes bras enfiévrés,

Tu me comblais, tout plein, de ces chaudes tendresses Dont les cœurs amoureux ne sont jamais sevrés ?

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| Tu ne peux l'aimer, lui : malgré que tu sois femme,

Tu ne peux, à la fois, être ainsi toute à deux ; Ton amour n’est pas vil, ton cœur n’est pas infâme Comme ceux que l’on vend povr les plaisirs honteux ?

Tu veux, pour te venger, pour que je te regrette, Céler la passion dont tu brûles pour moi:

Va, tu fondrais toi-même à sa flamme, pauvrette. D'avance, mon dédain a pris pitié de toi.

Ton secret, je le sais, et veux que tu sois libre ; Dans l'oubli reléguons les bonheurs de jadis ; De ton amour pour moi que se brise la fibre, Tout comme les serments qu'autrefois tu me fis.

| Tourne les yeux vers lui ; moi, je me donne à l'ange

Qui de tes abandons saura me consoler.

Notre joie à tous deux soit pure et sans mélange : Tu cours à ton bonheur ? Au mien je vais voler !

Novembre, 1891.

. SECRET CONNU 16s

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