RONDEAU : AUX JOURS QUE NOUS FUYONS
Décembre adieu ! Voici l’aurore
De l’an nouveau, qui va briller.
Nous nous flattons d'y voir éclore hd
De ces bonheurs que l’on dévore Sans qu’ils puissent rassasier.
Et poursuivant, sans sourciller, La joie, un changeant météore, Le cœur vieillit sans s'effrayer,
Décembre adieu !
En vain le passé nous implore Et veut nous amuser encore,
On s’empresse de l’oublier’ P
Ingrats ! sans cesse on le déplore,
D'un fol espoir pour s’égayer.
Décembre adieu !
Décembre, 1891.