DES CARICATURES. LA CARICATURE ANGLAISE. — LA CARICATURE DANS
LES PAYS DE LA TRIPLICE. ■ — l'aUTRICHE TERRE DE LIBERTÉ POUR LA CARICATURE ALLEMANDE. — LA CARICATURE SUISSE ET SON ESPRIT DÉMO- CRATIQUE. — LA CARICATURE HOLLANDAISE INTERPRKTATRICE IDÉALE.
Nous voici devant les caricatures, devant le flot des images le concernant ; non plus uniquement la déviation des traits, de la physionomie de l'homme, mais bien réellement la satire illustrée des événements historiques auquel IL a pris part et des actes personnels dont IL a eu l'initiative.
La caricature de ses faits et gestes ! Songez ce que cela peut représenter, pour un homme qui a prononcé des milliers de discours, qui a toujours su se placer en vedette, de remarquable façon, qui, depuis des années, joue le rôle du Deiis ex machina.
Donc, feuilleter les caricatures sur Guillaume II, c'est faire, en
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barré la route a toute autr Guillaume fut le petit polisson,
quelque sorte, l'histoire du monde depuis 1888.
(Combien de milliers d'eslampes à rechercher, à grouper, à examiner, à mettre en place 1
Combien à retenir ; combien à éliminer !
Car il ne s'agit pas, imiquement, de réunir des images politiques pour le seul plaisir de les aligner côte à côte.
11 faut, à la fois, que ces images soient concluantes ; qu'elles viennent appuyer, éclairer la thèse ici développée, qu'elles répondent à des événements importants de l'histoire, à des actes retentissants du souverain, et , en même temps, qu'elles puissent bien définir l'esprit, le genre, les particularités des différentes caricatures.
La première impression qui se dégage de cette réunion, c'est que TKurope, pendant un certain temps, n"a voulu voir que Bismarck, comme si la place considérable prise par cet homme dans l'histoire, depuis 1870 , avait à tout jamais personnalité. Pour les Anglais, le mauvais^ garnement k qui
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CAIUCATURES DES DIFFÈRE NI S PAYS
grand'maman n'avait qu'à donner le fouet; pour les Français, ce fut un enfant armé d'un sabre de bois, montant un cheval, également de bois, et ayant pour couronne un bourrelet à pointe ; pour les Autrichiens, un buste officiel, bien sage, en quelque coin; pour les Italiens, une sorte de croquemitaine rodomont.
En France, on ne se donna même pas la peine de chercher à faire ressemblant, lorsque l'actualité appelait quelque Guillaume. Un fonctionnaire prussien, à l'air bien rébarbatif, une tête, carrée, un choiicroiitman quelconque, ou du moins, ce qu'on se représente pour tel ; il n'en fallait pas plus pour satisfaire ce public dont les exigences, on le voit, n'étaient pas bien grandes. Peu importait la figure de Guillaume, piuu-vu que le trait dirigé contre lui fût mordant, que la satire fût a mère ; pourvu qu'il y eût, au bout de la plume et sous le crayon, de l'animosité, de la haine et, partant, de l'injustice.
Un personnage grotesquement affublé, répondant au nom de Guillaume, une légende vengeresse, et le tour était joué. On ne prenait pas des gants pour lui dire son fait. On n'était pas des diplomates, après tout. Légende et dessin étaien" de même acabit : sous une image grossière, vulgaire, se lisaient in -ariablement quelques lignes d'un goût plutôt douteux. Et il semblait |ue, delà sorte, la conscience populaire se soulageât; que dis-je, d'aucons se figuraient avoir pris la revanchè de 1870. Façon vraiment extrao dinaire, niais malheureusement exacte, d'accepterla défaite, de flatter l'amour-propre de la masse !
Les meilleures intentions du souverain étaient tournées en ridicule ; ses gestes les plus nobles étaient livrés aux basses passions d'une foule inconsciente. ,
le ciTve.
l'AIX, PAIX, PAIX !