LA RENCONTRE DES DEUX EMPEREURS A BERLIN
L'Empereur François- Joseph. — Je suis heureux que votre grand-père ne m'ait pas tout pris, en 1866.
L'Empereur Guillaume. — Moi aussi ; car sans cela je ne pourrais pas embrasser, en ce moment, un ami aussi cordial que vous !
Caricature de Johann Braakensiek. (Weekblad voor Nederland, d'Amsterdam, mai 1900.)
— «On n'accordera aucun quartier; ouvrez son chemin à la civilisalion une fois pour toutes. »
(Discours de Guillaume II aux troupes parlant pour la Chine.}
Caiicaluro^d'Uermaan-Paul. {Le Cri de Paris, 5 août ujoo ^
* Interprétation par le crayon, exacte [quoiqu'un peu brutale, 'des paroles prononcées par rEnipereur. ^La même idée se retrouve sur d'autres images françaises et suisses, notamment sur une caricature du Nebelspalter où Guillaume II est appelé Le boucher de la Chine.
l'empereur GUILLAUME ET LE TSAR A WIESBADEN
Le Tsar. — Un endroit vraiment bien choisi pour un entretien amical! Si à son aise et si en sécurité!
N.-B. — Pour cette visite du Tsar, la garnison avait été augmeulée de 6,000 Iiommes et les forces de police de 3,5oo hommes.
Dessin de Johann Braakensiek. (Weekblad voor Nederland, d'AmsIerdam.)
* On n'a pas oublié qu'en 1900 un attentat fut commis sur Guillaume par une femme. La composition du Nebelspaller (voir la page précédente) rend, de façon pittoresque, l'état d'ame qui se manifesta dans l'entourage du souverain, et cet état devait durer un certain temps, si l'on en juge et par l'image hollandaise sur l'entrevue de l'Empereur et du Tsar et par cet article du Cri de Paris, daté de septembre 1901 :
« L'attentat de Buffalo n'a pas manqué de faire tripler les mesures de sûreté autour de Guillaume II, à l'occasion de son entrevue. avec le Tsar. Le Kaiser est littéralement affolé. Des agents de police en bourgeois sont allés en si grand nombre, depuis huit jours, à Dantzig et a Kiel, qu'il en manque maintenant à Berlin; on enrôle des anciens sous-officiers pour le service de la police secrète. A Dantzig et à Kiel, au milieu de la nuit, les étrangers sont réveillés par les agents, qui examinent leurs papiers et vérifient leur identité. Les hôteliers sont forcés de laisser entrer dans leur personnel des policiers, qui ont l'œil et l'oreille au guet. La même chose dans les restaurants, où le garçon, qui sert, est très souvent un mouchard. On a promis des primes considérables à tous les agents qui, comme voyageurs, garçons de café et d'hôtel, camelots, débardeurs aux; ports, cocliers de fiacres, etc., feraient une découverte d'une certaine importance. Même les femmes du service secret de la police so trouvent dans les deux villes et on espère beaucoup de cette innovation. Les laquais du service impérial ont vu des mouchards revêtir la livrée royale, bleu foncé avec les aigles brodés autour du col, et fonctionner parmi eux. L'indignation est générale. Et, pour comble de précaution, on a distribué, à tous les domestiques de la cour et même aux cochers, des revolvers, pour défendre la vie du souverain.
^i5 septembre 1901.)
LE NOUVEAU ROLK {Inaugural Ion du Musée Limes, à Saalbui^g.) L'Empereur Guillaume. — Civis romanus sum.
L'Impératrice Augusta. — Guillaume! prends garde de ne pas attraper froid !
" A celle ociasiiiri, Guillaume II éprouva le besoin d'envoyer au savant Monmisen un télégiiuiiiiic laliii iliml voici la Iraduclion ; « Guillaume, Empereur des Germains, jetant les loïKlciriciils de la Ini lcrcssc ilc Sanlluir^s salue Tliéodore Mommsen, incomparable découvreur d'aul iciuilc- riiinaincs cl lui rend grâces, w Kt Monmisen, à son four, usant de la même langue, réijoudit au Prince des Germains aussi grand par ta Majesté que par l'humanité.
Caricature de Johann Braakensiek. (Weekblad voor Nederland-, d'Amsterdam, octobre 1900.)
* Image relative auv f^les romaines de Saalburg.
l'orirnt et l'occident
L'Empereur de Chine. — Je suis prêt à toutes les réparations que le Ciel exigera.
L'Empereur d'Allemagne. — Et vous accepterez, aussi, toutes les réparations que j'exige, MOI ! ^
{Ptinch, ili^ Londres, lo octobre 1900.)
* Sur nombre de caricalures anglaises, Gnillaunic U a|)parail ainsi, ceint de la couronne, l'hermine aux épaules, lo sceptre en main, quelquefois même le globe impérial — représenté avec tout le faste, toute la pompe dont il aime à s'entourer.
Les Anglais ont admirablement compris la recherche d'apparat, le besoin de décor dont l'Empereur allemand est tout parliculicremeiit Iravaillé. Ils s'évertuent à le revêtir du marilcau de cour et de costuiiics ponipcuv, \ iiti;ai isaat ainsi certains documents rares et précicux^ (pii liicnt le boiilieur (1rs \ nici icairis l'oiii' cu\, du resie, toujours très admira leurs du passé, se couipNiisaid dans le rjiairilicn <lcs cdslumes traditionnels destinés à rehausser la fonclion dind rci lains lidniines siml icmMus, ce goût et ce besoin n'ont rien d'anormal, L'on peut niènic diiejpi'il esl confoi rne à l'idée qu'ils se sont faits du pouvoir suprême.
l'empereur universel
Docteur Martin Luther (après le dernier prêche de l'Empereur). — Mon fils, laissez cela pour moi et mes collègues.
Caricature de Johann Braakensiek. (Weekblad voor Nedertand, d'Amsterdam, 1900.) * Allusion à la véritable concurrence que Guillaume, par ses sermons, fait aux prédicateurs.
i.'ai.lkmagnk kt krlîc;i:r (.ermaiiia i.-i rRmiioreur Guillaume). — Krûger, ;;le liéros ido riiid penflancc, [vdut nous lioiioi-cr (le sa visite... Viens avec moi!... L'Empei-enr Cnillanme. — Vas-y s^nle... J"ai peur de cet homme.
LA RECONNAISSANCE DE l'eMPKRKUR GUTI.I.AUMK KNVERS L UI.ECTEUR FREDERIC-HENRI Caricalnics de .roliariii liraakensiek. {Weekbtad voor Nederland, d'Anislerdam, 9 décembre 190/i et 27 janvier igoS.)
L'amiral Ruyter (a Frédéric-Henri). — Somiues-iious si nnportants pour Sa Majesté, et cet homme-là (Kniger) n'est il donc rien |»inr IMIc:' ..
l'empereur Gl ILLAUMi; ET SES TROUPES EN CHINE
L'Empereur. — Mes amis, voilà ce que jai dessixné pour vous, en souvenir soit de votre fils, soit de votre mari tués.
Un Matelot. - Eh bien.' Majesté, où en sommes-nous avec les i,ooo
taëls
Caïkalure de Johann Braakeiisiek. (Weekblad voor Nederland, d'Amsterdam, 1 3 janvier 1901.)
Cette caricature fait allusion à un fait rapporté, alors, par les journaux : Guillaume II fit remettre a une dame GufT, de Saverne. dont le fils avait été tué en Chine, une feuille comniemorative ornée d'un dessin exécuté par LUI - et, l'on comprend le sens satirique de 1 image ; en guise d'indemnités pécuniaires, ce sont des dessins impériaux qu'on offre aux victimes de la guerre. Pratique et tout à fait économique.
On n'ignore pas que Guillaume peint et dessine des marines et des attributs militaires surtout, -c est ainsi qu'il fit remettre, il y a quelques années, à l'amiral Thomson, commanl dant la station navale de la mer du M, deux grandes aquarelles représentant les drapeaux de 1 ancienne armée prussienne et ceux de l'armée allemande actuelle, - c'est ainsi que « 1 Album des princes allemands », publié en 1900 par la princesse Louis-Ferdinand de Bavière contient de LUI une chanson et une aquarelle marine, - c'est ainsi, encore, que la revue Roma publiée a Londres en 18,,;. .nu.onvait que son premier numéro contiendrait une bataille ria\,ilc (lu(! au ci.imui de l EurjK'icur.
Et l'on .sùl c^aleuicMl, ,|u 11. ,,ime (aire preuve de son talent comme peintre-décorateur. Ainsi, ce.st LUI qui peignit les maquclles de la pièce jouée à Wicsbaden, en présence et en l'honneur du roi d'Italie. ' ^ '-^ eu