LE BICENTCNAIRE DE LA PRUSSE
— Les artisans de notre grandeur... Nos anoétres... Les voilà!
{Le Fiijarii. ;! i janvier igôi.)
GUILLAUME H ORATEUR Jugé par un de ses sujets, iii olosciir on lia\ inc ;
« J'ai souvent entendu fljnpriviir. (.nilhmmr II. parlrr ci] public et ne nie <lissiinulc pas qu'en maintes circoiislaiirt- il a dû ivfrivll.-r se> paroles de la \eillc. >'importc ; c'est un brillant orateur. Il 1.' su I el ,ie dirai plus il s'eeoute parler. D'ailleurs, on s'en aperçoit aisément. Les iinaj^es m- pre-.-enl dans MM, e.-pril, et le- phrases pour les exprimer abondent dans sa bouche. Sa \oi\ parai! aii;ue ; en lealilé, elle ne l'est pas ; elle esl lont bonnement ce que l'on est eonveini d'appeler srhneidi'j (Iranehante, déterujinee; Il parle en termes hachés ipi'il pcineluc rci^nlici-CTUciil d'un i;e>lc dn bras droit, f;i's|e sauN ampleur ni élégance, mais cncriiiipic et saccadé, La main gauche demeure invariableuieii l rivée au pommeau dn sal)re ; le bras, [ilus court (|ne le droit, moins développe aussi, reste serré contre la poitrine, l.orsiiue rianpercur va parlei-, >,i pli.v siononde retléte une succession d'impressions curieuses à observer. Toul d'.ddud immobiles, et même rigides, ses trails se délondent aussitôt cpi'il ouv re la bouclie, l»e- éclair- silloimenl cette ligure onergiqne, ses \eu\ brillent d'un celai lascinal eu i-, et sa lèvre supérieure, d'un si beau dessin, laisse apercevoir, ])ar inslani, ileuv rangées de <leul> éblouissantes de blanclienr.
» Tout ce qu'il dit a un si pror<.nd acceid de lonviclion >-i re-|>ire une lellc chaleur. i|ue les assistants sont empoignés, envahis par te cliarme cl ne songent a l'ormnier aucune critique. S'il n'était Empereur, (iuillauiue II aurait pu devenir >m Iribuii populaire eaiiatdc d'entraîner les masses par le seul ell'id de sa panile. »
— L'Empereur Guillaume décide « pour des raisons de haute importance » de ne point recevoir le président Krùger,
(Nordtland, de Copenhague, igoi.)
* Si l'on voulait réunir toutes les caricatures publiées sur Guillaume II au moment de la présence à Berlin du président Krùger, on trouverait certainement des milliers de pièces.
Le fait est que le refus par le Kaiser de recevoir en audience le vaincu Krùger qui, lui, avait compté sur cette audience dans l'espoir d'obtenir quelque chose pour son peuple, surprit d'autant plus vivement le monde que l'Allemagne ne cachait point ses sympathies pour la cause des Boërs. Sur ce point, l'on peut dire que l'Empereur méconnut les désirs de son peuple pour ne point froisser grand'maman et l'oncle Edouard.
Toujours est-il que la caricature de tous les pays reprocha vivement à l'Empereur ce manque de courage et que partout, également, elle vit dans ce refus la corscquciicc d'une habile pression exercée par l'Angleterre. Guillaume redcxcnait pour elle le «petit garçon» se cachant sous «les jupes de grand'nian'.an. »
LE NOUVEAU FELD-MARÉCHAL ANGLAIS — Apprécie-t-il, LUI, à sa juste valeur, toute la beauté de ce costume?
* Edouard YII tient en main, et offre à son neveu le cœur de l'Angleterre.
(Nebelspalter, de Zurich, 9 février 1901.) •
LE PHIXCI'. DK GALLKS CHKZ l'kMPEREUR GUILLAUME
L'Empereur (au prince de Galles). — Regarde-moi un peu dans mon .uniforme anglais. Je suis sûr qu'aucun Boer n'oserait s'avancer contre moi.
(liu-iialurc de .Toliann Braakeiisiek. (W'eckblad vjor Nederland, d'Aiii.sIcrdain.)
' Aiii nii ciwiuiuo, peul rl rc, cnlro Ions ceiiv qup possôrte, Oiiillaiiine — nombreux, oli ! ■ ■1)111 liici] '. (|n'il s'ai:issi' de riiiiirnnMC d'un des iVijiiiKMils européens dont il esl titulaire, du r(jsl unie d aniiral on ih' mai .'clial - ne prrla aussi copieuseincul à l'iuiape saliri([uc (£ue son eosluuio de Irld uiaiei lial an-lais.
(^ela lient à deu\ laisoiis, sans doide, l,a pivuiièi-e est (pi'il lui fut oetroyé durant l;l guerre (-(uilre les liocrs, ce (pii, elani cloiiiie son allilude complexe, pouvait faeilemenfc prèlei- au iii-(V l.a seconde esl ipic niali;ri' li'iu' amour du décor... |)our les autres, lesineiuhi'cs de la ramillc rcunanle ani;laise, ne uictleid, runiforme (pi'en de I l'és rares occasions, e'est-à-dire uiuqucmenl aux l'èles miiilaircs. D'où les images ici repidduiles montrant tontes, en réalité, lo grotescpio de ce coslurne porli' |iar l'auleur de la laineuse d(>|)èclie à Kniger.
Il circula même, à Londres, une iuia.ue (|ni représcidait Guillaume, d'«n côté en feldjriaréchal anglais, de l'autre en général des iioers.
l'homme qui sait tout L'Empereur Guillaume, paraissant absorbé dans ses méditations. — Maintenant que me voilà feld-maréchal anglais, ce serait bien le diable si je ne pouvais pas leur donner un conseil ou deux concernant la reorganisation de leur armée ? Si je leur suggérais d'obliger leurs officiers a être toujours en uniforme — comme les miens!
{Punch, de Londres, i3 février 1901.)
Herr Gottlieb. — Ma destinée est telle qu'il me faudra m'en aller avec un pied déchaussé.
{Hfiicha, (le Varsovie, 190t.)
* Caiicalare faisant allusiom au rappprochement franco-italien. La Ijotte de l'ftalie est cliaussée par la Fraiicp. Niemcy c'est l'allemand, et Herr Gottlieb c'est la personnification la plus haute du peuple allemand, c'est-à-dire qui vous savez, LUI.
l'empereur GUILLAUME ET LE COMTE DE WALDERSEE L'Empereur Guillaume. — Voiis avez battu les joo millions de Chinois; Comte, vous êtes le plus grand de tous les maréchaux qui aient vécu! Où Roberts a reçu une dotation de a millions de marks, vous, vous en méritez 30, au moins.
Waldersee. — Mais, vous ! Majesté, vous qui m'avez choisi votre perspicacité, votre
flair ! Pour vous, Majesté, un milliard serait encore trop peu !
Le Roi Edouard. — C'est gentil, tout de même. Ils, s'estiment en Allemagne, au poids de l'or, comme chez nous.
Caricature de Johann Braakens;ek. (Weekblnd vcor Nederland, 25 août 1931.)
UNK AFFAIRE
Le Tsar. — • Adieu, mon cher ami. J'ai là quelqu'un qui m'attend. L'Empereur Guillaume. — Un prêteur d'argent, sans doute. Le Tsar. — Hélas! j'ai bien peur, que non.
{Punch, (le Loiidivs, \ i scpleiiibre njoi.)
* Le monsieur qui alleiid, le prêteur d'argent c'est. l OiiMiie t)ieii on pense, le Président
de la Répub1i(iue, M. Loutset,
Cette idée, pour ne pas dire cette rosserie, apparaîtra très souvent sur tes caricatures qui nietieid en scène Guitlaïuue el Nicolas, La France est la t)onue vaclie à lait ; l'Empereur d' Mleniay ii ' ne manquera pas di' le ra[)poler à son cousin, le Tsar. Du reste, aux côtés de- Guiltauin,;, (piel que soit le pays d'où vient la caricaliue, Nicolas II apparaît toujourscomme un petit garçon, quand ce n'est pas un pauvre d'espi it avant besoin des conseils et de l'appui de son puissant voisin. On le verra plus nettement encore "sur tes caricatures deigoS, à propos de la dernière entrevue des deux Empereurs. Pour un peu, Guillaume s.e dounerait le liire d'Ein/iLTenr hrei-elc, cunseiller pour les souverains dans la panade et les empires en déconfllurc. Ce pauvre cher >iico!as ! (^ounne la presse le malmène aux côtés de son coiisin Guillaume, l'intangible. Mcolas, c'est ,lean (|ui j)teure ; Guillaume, c'est^Jean qui rit !