L ALLEMAGNE ET LES HERREROS
— Approchez, approchez, mes petits !
{Kikeriki, de Vienne, 21 février igo/l.)
(i) Wilzboï est, on le sait, un des chefs des Hottentots, d'où le nom générique de Witzboïs donné aux tribus combattant sous ses ordres.
11 y a longtemps que la révolte el le désordre durent dans toute l'Afrique allemande. Il est même permis de se demander, en présence des faits quotidiennement enregistres par les journaux, si les AUèmands ne sont pas encore moins colonisateurs que nous.
IMPERATOR ET IMPERIALISME (GUILLAUME ET ROOSEVELT) (Variante sur un jeu de mots.) — D'égal à égal aiment à se télégraphier.
Caricature de J. F. Boscovitz, (Nebelspalter, de Zurich, lo^novembre igo/i )
l.KS Ai.l.ll'.S bl; l.liuNC.W A l.l.O
(La grande victoire de l'art italien.)
— Roland de Berlin et l'Empereur Guillaume.
{Fischielto, de Tuviii, - ilocembro 190I,)
LKONCAVALLO KT GriLLAl ME II, I N KMPKREUR LIBRETTISTE
On sait que Giiillnmiie II, 11 nnli'iil ,lo r.-ciiln- 1,-s cliols il'orchestre, ne craint point
d'afiichpi- SCS pivlriciiccs iruisicalcs il a ainsi drchuv ([u'il n'avait aucun laiblo poiu- Wagner - ri aini(> à si'nlivlcnii- aM'i- les (■( )in |i( isi Icn is.
En loi s d'une rcprvscnlali.H] à !'( Ipna-lidval, des l/er/i'fi^, de Léoncavailo, l'Kin-
pereiu- se lit présrnier le e(iiMi)iisil<Mir llalien el le l'élieila. Iluil jours plus tard l'intendant (les lliéatres royaux lui élail déj)èelié avec mission de lui ileniaïuler s'il consentirait à écrire un opéra inspiré d'ini snjel luslorl((iie allemand.
Léoneavallo a,\anl re| dn qu'il élail anv or.Ires de l'Empereur, eeliiin'i exposa à son
intendant l'Idée du <liame lyrique (pi'il avail (dneii pour l'Opéra-Uoyal d'aprcs un roman
(le Willibald M(>\is. /totund, de ISeiiin. Le choix impérial ne s hle pas avoir enthousiasme
Léoncavailo outre mesure, car le coLupositeur mil sept ans à haduire nuisicalenjcnl la pensée de l'Impérial amateur.
Il y eut même, à ce propos, un eerlaiii froid entre l'artiste ilalien et le « Roland couronné « qui trouvait qu'fm n'eut pas lait alfendre pareiUeruent Louis \IV. Une versi(}n, plus ou moins digne de foi. \enl (pie l.eimeav allo se soit surtout décidé (( pour ne pas nuire aux bonnes relations exislani i nire I' \lleinaf^iie et l'Italie »,
Toujours ost-it (pie les joiirnaiix ilaliens s'emiiarérent avec ardeur de la (piestion et que co|fut pour eux l'occasion de eonsi mies images, de constantes caricatures sur Leone, et Cavallo, sur le JJon de Herlin, sur J.eone et // Cavalto, sur ce Roland, qui fit tant parler de lui, sur son auteur et sur son Inijjérial collaborateur L'excellent recueil de M. Jean Finot,
sous le tili-e de : Autour d'un Opcrn 'inasi-impêri'il, une
VaiK'ai re.
LUI bord de l'éblouis-
La Revue, a publit'. en mars iqo'i étude qui trouvera ii i sa place.
G'esl, eu réalili', mie iiilerwiexv avec l.cniicavallo, due à M. Maurict
« Dans sa (télicieuse maison de Brissago, sur la fronlière ilalieiiiic, sant Lago Majore, j'ai ihniiandé au maestro Lconca\allo ce xju'il pensait des re|iicseiilatioiis de sou Uoinnd. à iicrliii, *le Vallllndc lU- l'IjiiiHMcnr <îuil lan me ([ui lui a commande l'ouvrai;!', el, de celle de la presse alleiuaiide.
» — Jc> sors d'un encliauleîuenl, me dit-il. Ou a monté uion opéra avix- une incroyable •somptuosili''. Les armures les plus hisli.>riques ont élédi'cro- ■chées des musées pnur rexclir mes personnages : on m'a donné le pi'emier clid' (rdrclicslic de rAlleina-iie. M. \lonck(>, cl «les cUaideui-s lels ((ne \l"' IJcstinn et \\ . Grûniug.
» — L'Empereur a, bien entendu. sui\i les l'i'pélilions et le travail de mise ci} scciic
» — Non. il n'csl x ciin (|n'à la dernièi'c. à la i;i''iii''i alc. !■! c(>la vaut d'èl rc COI lie. ..( :cl le représentation a élé donnée à luiis clos, dans ta maliiiée, devant Sa Majesté. Je demandai néanmoins à l'int(>iiilaiil de- théâtres laïK'rmission iramener ma femme et mon éditeur. On m'accorda cette faveur à la condition, toutefois, (pie Léoneavallo se tiendrait au fond de la baignoire direcloi-iate,el (pie l'édi leur ne bougerait pas (le la pelile loge du pompicrdcsei x ice.snr ta scène.
» \ (Mi/(> heures précises, l'Empereur entra dans la salle, accompagné de denv princes
■et de den.v généranv de ta Maison Impériale; Guillamue s'assit au troisième rang de l'orctiestre, et je nie plai.ai à quelques sièges de nies auditeurs... L'orchestre attaqua l'ouverture, ([ni est assez copieuse, et la mena avec un entrain et une précision admirables. Lorsqu'elle fut aciievée, Sa Majesté se tourna de mon coté en frappant des mains, et le rideau «'ouvrit... :ju.sqn'à la lin de l'acte, il n'y eut pas la moindre défaillance; mes interprètes .s'étaient surpassés... L'Empereur m'appela et me fit de cliauds compliments — la modestie la plus élémentaire me commande de ne pas insister, — [mis il se dirigea vers la loge de l'Intendant, et je le vis bientôt revenir donnant le bras à ma femme qui, toute confuse, s'excusait d'être là en costume de ville... Elle était sini;èreinent consternée. L'Empereur, aimable au possible, la rassurait : « C'est demain. Madame, le grand gala ; aujourd'hui, on répète, on travaillcjon .se moque bien de l'étiquette...», et tout cela était dit dans le plus pur