I.E l.lOdN
bi:rlin
— Majesté, Yoiis m'axez compromis devant le monde, vous/erez cepemlaiil coiilraint, sur le tard, de reconnaître
en moi le premier ai-liste lyrUiue italien !
(Fischietto, de Turin, 190I.) * Jeu de mots sur Léon (Cavallo),
fiançais el avec un véritable accent parisien... Ma femme s'enhardit et déclara à Sa Majesté qu'elle avait une peur affreuse de celte première, qu'on lui nommait chaque jour vin<vt ennemis décidés à étouffer l'œuvre. "
» L'Empereur éclata de rire : « Quelle idée! Mais vous n'avez pas un seul ennemi, pas le moindre ; c'est moi qui les ai tous I je ne peux pas commander un tableau ni une statue, sans qu'on souligne malicieusement le choix; ique j'ai fait de l'artiste. Ma foi, quand l'œuvre est bonne, elle se défend sans aide» Votre opéra, jusqu'ici, me paraît avoir les reins assez solides pour confondre vos adversaires artistiques, c'est l'essentiel. »
» Le sec^ond acie produisit une heureuse impression sur l'Empereur. Apiès la dernière scène, qui o.st un long duo d'amour, il me dit : a Pour écrire ce duo-là, il faut être du pays
de Roméo et Juliette. » Puis Sa Majesté alla complimenter le chef [d'orchestre et les musiciens qui s'étaient levés militairement : « Bravo, Messieurs, leur dit-il, vous avez compris l'ouvrage. » L'Empereur, ayant manifesté le désir de rester jusqu'à la lin de la répétition, et voulant accorder un peu de répit aux artistes, donna l'ordre de faire préparer une collation générale. On lui servit un repas, ainsi qu'aux princes, dans le salon de la loge impériale : nous fumes conviés, nous, par l'intendant A quatre heures, on se renie II ait à la besogne. '
» La i-épétilion prit fin à six heures. Sa Majesté se déclara complètement satisfaite, et fit remercier par l'intendant tous les arlistes. grands et petils. les machinistes cl. la liguralion qui s'étaient dévoués de si bon cœur. Vous pensez s'ils étaient tous i lectrisés, le lendemain, devant le public!
» — L'Empereur, à la première, a dù donner le signal des applaudissemi^iiLs ; c'est l'usage aux représentations officielles?
» — Pas du tout. L'Empereur avait fait aflicherdans les couloirs de tous les étages (pie le public, par une dérogation spéciale aux usages du protocole des soirs parés, était libre de manifester son opinion molu prôprio. Et, de fait, l'Empereur attendait ostensiblement que le public eut commencé d'applaudir pour applaudir à son tour. Pas une fois il ne se départit de cette amusante tactique. Avouez quo c'est d'une jolie fantaisie.
» — Oui, Guillaume n'est pas banal.
» — Rien ne peut vous donner une idée de la sympathie qu'il dégage; sa figure est franche et spirituelle, il n'a pas du tout l'air dominateur etltournienté de ses portraits. C'est peut-être pourquoi il s'en est commandé un à son goût. Le mot juste qui le caractérise est le bon garçonnisme. Au bout d'une demi-heure de conversation, on a complètement oublié qu'il est une puissance formidable, et pour un rien on le tutoierait, on l'amènerait à la brasserie boire des chopes avec les camarades. [Il comprend tout, il sait tout il est ^la charme même. C'est un être exquis. » ' i
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l.iCONC.\V.\LLO
— L'Empereur a dit sion de me faire un chef d'œuvrc.
quel prix .' — Trois millions.
Et comme dit. il l'écrivit, lui : mais pour prix, petit Guillaume l'a emmené voir les conscrits, à cheval sur un petit âne.
(L'Uyno di Plelra, 28 mai kjo.'i.)
l'auteur DK « ROLAND )) Un morceau à quatre mains : Leone, Cavallo et l'Aigle.
* L'Aigle c'est, esl-il besoin <le le tlirc, Guillauinc, f^mperem- et Roi. Il y a, dans le texte ilalieu, par le fait de la virgule après Leone, un jeu de mots qui disparaît à la traduction.
(Pasquino, de Turin, i8 déce nbre igo'i.)