JE SUIS MOI
Les prir.cipaux masques du carnaval politique ''«"JO'''- {Nebelspalter, de Zurich.)
les traits des personnages qui lui sont chers — quelle ;',dmirable grande dame il tùt fait avec son amour immodéré de la toilette ! — que n'cst-il pas ? Soldat, orateur, jeune élégant, compositeur de musique, peintre^ sans compter le reste. Le reste ? C'est la question qu'il se pose à lui-même, profondément absorbé en ses intimes réflexions, devant toutes les maquettes de ses diverses incarnations; croisé, orangiste, .prédicateur, f e 1 dmaréchal e t même voyageur à coupons Cook!
Choses multiples et diverses pour u n homme qui ne saurait, sur ses
épaules , si solides
PORTRAIT CARICATURAL
« r.ui »
« IL s'agit d'avoir i,'air terriblk >>
Caricalare de Houbille. (Le Cri de Paris, i8 juin 1905.)
soient-elles, porter le poids de tant de professions. Ce n'est plus la Trinité en un ; c'est un seul pour la douzaine ( i ).
(1 1 \lal-iv la iH.iiilc ^.ilirc Paris. Il' lilcl iiici ili' (!.' st'ènc (li's iiicccs, il s'ciilcnd cihm Col le aiiiic,' il a I loin é un I i iir dispose des I ! (iiii|h'I les à si
M. vôii ilulseii, r<ir)l relerilir
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PORTRAIT CARICATURAL
ir^ï^ , : .-WK — 'îfK
Et alors comment faire ?
Une chose m'étonne vraiment, c'est qu'un caricaturiste n'ait pas songé à nous fabriquer d'une pièce un Guillaume Empereur et Roi, composé de toutes ces individualités, et montrant ainsi la réunion de toutes les faces, de tous les aspects, de toutes les aptitudes du personnage. Non pas l'homme-orchestre comme il figurera en une
JH SUIS L EMPKREUR, HOLA !
(Life, de New-York, igoG.) Dans le fond on li(, ; Ceci est la mine de Gnillauine IT.
image de circonstance, mais l'homme je sais tout et l'homme je suis tout, tel que les Anglais se complaisent à l'appeler au bas de certaines de leurs légendes.
L'homme universel, qui sait tout, qui sait construire un cuirassé tout aussi bien qu'il sait conduire l'orchestre, qui se charge de trouver les microbes. comme il inventera la redingote à la mode ! Et tout le monde l'appelle, le demande ; et tout le monde lui îaitpsit, psit, venez donc, vous qui savez tout! N'est-il pas le souverain omniscience?
l.l'ILLAl'.xrE II FLUTISTE
\if;iicllo (l'un quotidien aniérieain (i8ij5).
aulrc uiiiCniinc, j'our VoUcran, l'uniforme des hussards de la fiarde ; pour Démélrius, l'uiiilunne des jiri'iiadiers de la Garde: pour Tsar cl Cliarpcnlier, l'uniforme du régiment \l( \;ui(lrc I", donl il est le chef, elr. I.cs I rouipcl les aussi cliarijjenl, tous les soirs, de costuiiM's : (dsluuic Frédéric 1", costume l-'rédéric II, lous les hréiléric y passent, môme Barberousse. » (:!7 mai ujoo.) — Si non e veru e benc Iroualu.
« LUI
Caricature personnelle, visant l'homme intime, l'homme moral; caricature humoristique qui fait penser, quoique, quelquefois, elle tombe trop ostensiblement dans la charge.
Attendez : voici les traits d'une satire plus âpre, ce qui ne nous doit point surprendre, car les images viennent de Prague, d'un
l'kMPKREUR d'aLLEMAGNE KN VOVACiK Composilion de Henri j'Meyer. (Petit Journal, 6 noveiiil)re 1898.)]
« LVl »
IL n'y a qu'a BIKN DISPOSER LA LUMIERE DEVANT LUI, ET, AUSSITOT, ALORS, IL APPARAIT IMMENSE
* Guillaume, nullement ressemblant, où, plutôt, fif^uré comme Tchèques et Bohèmes ont l'habitude de le voir, est en train d'écrire : « L'Etat et le peuple, c'est mui, Guillaume II. » Sur l'abat-jour de la lampe ou lit : Réaction.
(Humorislické Lisly, de Prague, 1895.)
PORTRAIT CARICATURAL
uj^ SEUL wgy T
SUERAS
M«.tS /AOt ET TbM 5£I^ENT
fiff aEViVR.t tOKOTtMfS
Vignette de Tiret - Bognet , pour la Revue.
Encyclopédique.
(Revue Comique de l'année 1891.)
©HS^ëP^^UN,;^:^ E/vjcoKS journal qui était à la dévotion de
M. de Bismarck, et qui se complaisait à placer le nain-Guillaume dans la main du Chancelier-colosse. Satire innocente, enfantine, en réalité, dont les sujets — ■ on ^ l'apprendra quelque jour peutêtre — devaient être plus ou moins indiqués par Bismarck lui-même, car ces images sentent la lettre anonyme, l'homme qui veut se venger à tout prix, l'ennemi qui se réjouit à la pensée du résultat qu'auront ses gamineries, ses farces d'écolier.
Ces sentiments se résument on ne peut mieux en la vignette intitulée ri' Omère portée! Idée vieille comme le monde, et qui, jamais, ne diminua la grandeur de personne, d'autant plus qu'il n'est pas donné à chacun de pouvoir projeter une fgrande ombre. Tout n'est-il pas affaire de distance et de milieu! Déjà Bismarck est en plein dans l'ombre — l'ombre réelle, éternelle — alors que Guillaume, lui, triomphe en pleine lumière.
Après la caricature, visant plus ou moins au portrait-charge, voici la publicité sous ses formes multiples, le bibelot et la carte postale, toutes choses sans lesquelles il n'y a plus de grands hommes.
Combien durent une partie de leur célébrité à la réclame, je veux dire à la réclame commerciale et annoncière, à celle qui s'étale sur les murs et se voit à la dernière page des journaux, à celle qui prend toutes les formes de la vulgarisation, qui se sert
, . j 1- Vignetlo (le Fernand Fan.
de 1 étiquette de liqueur ou de (Petite Revue de fm dUmnêe. Le Rire, iS^q.)
« LUI
parfumerie, de la boîte de pâtes ou de biscuits, qui va depuis la pipe jusqu'au pain d'épices, qui •i:»opularise les traits du personnage que porte le vent de l'actualité, aussi bien sur les boutons de manchettes que sur les manches des cuillères ; qui plaque le favori du jour sur un éventail tout comme sur un rideau de vitrage; qui le transforme en cigare ou en nougat, qui le met en gaufrage sur des boîtes d'allumettes ou sur des cartes postales, qui, en un mot, n'oublie rien, ne méprise rien, parce que rien ne doit être négligé, parce que tout est bon quand il s'agit de répandre à travers le monde les traits de l'homme du jour.
Or, à notre époque, les grands hommes et les chefs d'Etat ont cet avantage — ■ si c'en est un — d'être pris par la Réclame et d'être accommodés par elle aux sauces les plus diverses. Tel liquoriste remplit les surfaces affichables des villes de Congrès de La Haye où, le plus sérieusement du monde, les têtes couronnées se trouvent réunies pour goûter, apprécier et juger en dernier ressort une liqueur nouvelle ; tel marchand de sardines nous montre les mêmes têtes couronnées se régalant de ses poissons ; tel fabricant de pâtes nous représente les Souverains conquis par l'excellence de ses produits; tel fabricant de bretelles, nous faisant entrer dans l'intimité de la toilette, montre ces messieurs en train de se « breteller ». Il y a même, signé de Bac,
L IMPERIAL PR01>HKTE
{A propos de la lettre théologique de l'Empereur d'Allemagne.) — Et quand j'en aurai fini avec l'Ancien Testament, je dirai ce que m'inspire celui de feu Crawlbrd. . .
Caricature de A. Guillaume. {Le FrançaiSy igoa.^
« L UI
un Guillaume pour le Vin Mai'iani, puisque grâce à Mariani Ton possède la plus complète, la plus intéressante et, surtout, la pus variée réunion de portraits qui soit.
Que cela semble bizarre et paraisse étrange à ceux qui considèrent encore l'autorité souveraine comme quelque chose de surhumain, de divin, je l'admets volontiers ; mais il faut se faire à tout et, qu'on le veuille ou non, on est bien forcé d'accepter les mœurs de son époque. Donc, comme sa grand'maman Victoria, comme son oncle Edouard^