‹ Luiz de SouzaChapitre 6 sur 6 · DU PREMIER VOLUME · texte numérisé non relu

DU PREMIER VOLUME

Luiz de Souza. Page i .)

Il appartenait à une famille illustre et s'appelait dans le monde Manoel de Souza Coutinho. J'ai préféré lui conserver le nom sous lequel il est généralement connu en Portugal.

Les leçons sublimes du Sefer Jetzirah. (P. g.)

C'est le livre supposé d'Abraham où se trouve racontée la création du monde. Plusieurs ouvrages apocryphes du même genre nous sont parvenus, et on a publié depuis peu une édition d'un de ces traités.

Il faut que je médite à loisir sur deux points diatoniques. (Page 21. j

On a employé ici un terme musical pour désigner les pointsvoyelles en usage dans l'écriture hébraïque et qui n'ont commencé à l'être qu'après la captivité de Babylone, ou , selon quelques auteurs , 260 ans seulement après J.-C.

L'église, dont l'obscurité leur avait caché l'art sublime. ( Page 24.)

On peut consulter sur ce magnifique monument plusieurs ou- • I. 23

34 iï NOTES.

vrages. Luiz de Souza l'a décrit lui-même dans le style le plus harmonieux, et Muipliy a puhlié, un volume in-f. , ornéde gravures, où il reproduit jusqu'aux détails les plus minutieux. Le lecteur pourra prendre une idée exacte de cette merveilleuse architecture dans le Voyage pittoresque en Espagne et en Portugal qu'on doit à M. Taylor. Dams ce bel ouvrage, le sentiment élevé de l'art se trouve réuni à l'exactitude. M. Taylor a donné aussi une vue du couvent d'Alcobaça , et il est le seul qui nous ait reproduit le monuflrent! cék'-bre qu« don Pedro éleva à la mémoire d'Inès.

El le brave seigneur, mettant un genou en terre, fit ce qu'il avait dit. (Page 35. )

Les historiens portugais, en mentionnant le pèlerinage de don Sébastien au couvent de Batallia , sont d'une extrême concision; cependant l'action du duc d'Aveyro y est rappelée.

Pleure, mon frère, mais ne donne pas Ceuta.

(Page 4^).

C'est ce dévoûment du saint infant qui a inspiré à Calderon une de ses plus belles pièces sous le titre de Prince constant. — Voy. Chef s-d' œuvres du théâtre étranger.

Cette magnifique chapelle du roi Emmanuel. ( Page 49 ).

Elle est située à l'extrémité sud-est de l'église. Murphy , dans son grand ouvrage , donne la représentation de ce beau monument abandonné aux injures des saisons. L'inscription Tenejserer, répétée si fréquemment, a excité en effet plus d'une discussion ; mais il est probable que l'architecte aura altéré les mots grecs en lies faisant sculpter. L'explication qu'on donne ici est la seule plausible ; elle ne dénature piint du moins les mots comme dans la chronique du couvent.

^orrs. 3/|3

Ce n'est ni dans la 3Iassor ni dans les commentaires du Zoliar. ( Page 53. )

Lisez Massore, Massorah , ou mieux encore M'sorali. Quelques savans rabins, désignés sous le nom de Masorèthes, ont soumis le texte hébreu de la tradition à une critique ; ils ont compté les versets , les mots et jusqu'aux lettres , et ils en ont spécifié les diversités: c'est ce qu'on appelle la Massore,et ce qui, dans leur langage figuré, sert </e Aa/e à la loi. Dans les croyances kabbalistiques, comme le dit fort bien un auteur moderne , les sa lettres de l'alphabet hébreu sont une émanation du nom sacré. « Les mots sont doués d'une force étonnante, d'une vertu magique; le livre de la révélation est comme celui de la nature : chaque verset, chaque lettre voile une étincelle de vie. • Leskabbalistes en sont venus jusqu'à célébrer l'union mystique de certaines lettres, el les amours du Beth et du Tiphereth sont bien connues. Le Zohar est le livre fondamental de la doctrine kabbalistique : c'est un longdlalogue , uneespèce de drame , où les questions les pfiis mystiques sont soulevées. On l'attribue à Simon Jochaïde. Les auteurs ne sont cependant nullement d'accord à ce sujet, et l'un des plus modernes et des plus instruits, M. J. F. Molitor, n'hésite pattà le regarder comme un produit multiple et successif. Quelques uns lui attribuent une haute antiquité; d'autres ne veulent pas que sa composition remonte au-delà du ii^ siècle.

Cid Aral. ( Page 1 16. )

Cid ou Sidi veut dire seigneur, et la dénomination a été conservée par les Espagnols. Siti est le féminin , et Leïla l'emploie toujours en parlant de sa maîtresse.

Les Dews de ce pays. ( Page lai. )

On écrit également div ou dive : c'est même l'orthographe adoptée par d'Herbelot. Il y a des Dews mâles et des Dews fejjiellcs. Eblis , le mauvais génie , l'ange rebelle , est dominateur de

344 IVUTtS.

ces génies. Le Simorg est un oiseau gigantesque célèbre dans le» mythes de la Perse ; il est semblable à notre griffon.

Les douze maisons du soleil. (Page ilii. )

Les astrologues regardent comme un des principaux mystères de leur science la vertu des maisons du soleil; ils ont fait une première division du jour en quatre parties séparées, disent-ils , par les quatre points angulaires, savoir : Vascendant du soleil; le milieu du ciel , V occident et le bas du ciel ; ces quatre parties , subdivisées en douze autres , font ce qu'on appelle les douze maisons. Ce qu'il y a de fâcheux , c'est que les propriétés de ces diverses maisons varient selon les peuples et les auteurs. Ptolémée et Héliodore les envisagent d'une manière opposée ; les Grecs , les Égyptiens , les Arabes ne les considèrent point de la même manière.

Le vieux Cicéron. ( Page 177).

Lisez Caton l'ancien. L'anecdote sur les augures est bien connue.

La chiromancie du docte Aristote. ( Page 1 77. )

Arlstote n'a point fait de traité spécial sur la chiromancie , mais , dans son histoire naturelle, il parle des signes heureux que dénotent certaines lignes de la main. Du reste , pour tout ce qui regarde ce qui pourrait sembler obscur dans certaines expressions de cette lettre , je renvoie au livre que j'ai publié dans l'Encyclopédie portative de M. Bailly de Merlieux , sous le titre de Tableau analytique et critique des sciences occidtes, I vol. in-Sa. Dans ce court traité , j 'ai à peine abordé la haute kabbale dont il est surtout question dans la suite du roman; mais je suis entré dans des détails assez complets sur la magie, l'astrologie, l'herméthique et les différens genres de divination. Voici un fragment qui fera comprendre les termes dont se sert le kabbaliste :

■< L'onéiromancie, ou l'art d'expliquer les songes, a dû être un des moyens de divination les plus anciennement employés , si ce

.XOTES. 345

n'est même le plus ancien. Aristote ne le regarde pas comme entièrement chimérique , et Hipocrate semble le rattacher à l'astrologie , quand il dit que les rêves durant lesquels on croit contempler le ciel et les étoiles signifient ou la santé ou une maladie prochaine. Galien devinait la mort dans une étoile qui tombe ou dans un chariot brisé vus en songe. Tout le monde sait combien l'onéiromancie était en honneur dans l'Orient et surtout en Egypte. L'histoire de Joseph est présente à tous les esprits , de même que celle de Nabuohodonosor , qui fît mourir les devins de Chaldée , non parce qu'ils ne pouvaient interpréter ses rêves , mais parce qu'ils ne pouvaient deviner les songes qu'il avait eus. Pline simplifiait beaucoup l'onéirocritie en disant qu'on devait interpréter les songes d'une manière absolument opposée à leurs apparences.

« LiSL nécromancie, qui est l'art d'évoquer les morti ou de lire dans l'avenir par l'inspection des cadavres, est un genre de divination si ancien, qu'il se perd dans la nuit des temps. lia été professé publiquement à Séville et à Tolède , durant le quinzième siècle. Il était fort en usage parmi les Thessaliens. Les Juifs le pratiquaient , ainsi que les Syriens , d'une manière abominable , s'il est vrai qu'ils sacrifiassent de jeunes enfans pour obtenir d^s génies malins la connaissance des choses futures. L'anthropomancie est une branche de la nécromancie , qui procédait par l'inspection des entrailles de l'homme. Mcnélas , selon Hérodote, chercha ainsi à lire sa destinée. L'anthropomancie , selon Clavigero , paraît avoir été en usage chez les Mexicains.

'Ï-M'aéromancie , ou la divination par les phénomènes deVaîr, peut être considérée comme une branche de l'astrologie ; les événemens futurs se peignent dans les nuages , des spectres apparaissent dans les airs. La tératoscopie est une subdivision de cette science : les bandes de cavaliers armés , les chasses aériennes , les présages, qu'on tire des comètes, rentrent dans ses attributions.

La. pyromancie consiste à deviner par les mouvemens de la flamme. Les anciens avaient un genre de prédiction qui reposait sur l'examen des cendres restant^ après un sacrifice : c'était la

ténhramaiicic. La cap/tornancie est l'art (le lire ravenir dans les niouvemens de la fumce. Hoiiiète parle d'une divination qui s'opérait par la fumée de Vencens, qu'il faut admettre comme variété de la pyromancie sons le nom de libanomancie. \yA pharmacie, comme on l'entend en démonographie , est une espèce de libanomancie , c'est-à-dire un moyen d'interroger les démons en jetant des parfums dans un réchaud. La céphalomancie consistait à faire griller la tête d'un âne en faveur des mauvais génies. De nos jours, duns les veillées villageoises, on consulte encore l'apparence de la lampe, ou l'aspect des tisons, comnie jirésages des événemens futurs.

-.1 Ij'hydroma/icic ou la divination par Yeaic, est encore pratiquée chez nos modernes prophètes; elle est d'une haute antiquité, puisque la Bible fait mention de la coupe qui servait au patriarche Joseph à tirer des augures, et qu'on attribue son invention, chez les Romains , àNuma. Illa pratiquait, dit-on, en mettant dans un vase rempli d'eau un anneau suspendu à un fil. Si la chose projetée devait réussir, l'anneau allait de lui-même frapper le vase à diverses reprises. Trois petites pierres , jetées au fond d'un vase et se mouvant d'elles-mêmes , sont une marque de bonheur. »

Nous ajouterons à tous ces détails que la lékanomancie est l'art de deviner par les pierres précieuses , et la métoposcop'ie par les rides du front.

Lepymandre et la table d'émeraude. (P. 182.)

Ainsi que les deux ouvrages précédens, ce sont des traités d'hermétique. Le pymandre , attribué à Mercure trismégiste , ue doit pas remonter , selon le savant Cuvier, plus loin que les premiers siècles de l'Eglise : il renferme la base de la doctrine des alchimistes.

Aussi, quand le peuple les appelait athéistes, huguenots, relaps, ou b( gomiles, ( Page rg'^. )

Il est inutile-de dire que ces dénominations se rattachent à diffc-

veiis pays ; les preiuicfes sont suflisauitiieat connues : les bogoiiiiles étaient des sectairesqui avaient donné un grand développement aux doctrines manichéennes. Une branche de bogouiiles s'était étendue eu Hongrie , d'où elle avait envahi la Bohême. Les Kathares et les Bulgares professaient des croyances mystiques analogues, sur le bon et le mauvais principes ; c'est peut-être même à ces sectes qu'on doit l'illuminisme moderne. Les gnostiques , dont il sera quelquefois (gestion dans cet ouvrage, remontaieni à une époque beaucoup plus ancienne; leur nom signifie les connaisseurs (les initiés par excellence). Pour me servir des expressions d'un savant qui a abordé ces questions avec une haute intelligence," les gnostiques avalent embrassé la philosophie platonicienne en l'unissant à des systèmes de théosophie syrienne, chaldéenne, égvptienne, au fond desquels se trouve toujours caché un certain degré d'influence persane (la lutte du bien et du mal). Les manichéens conservent les doctrines purement persanes au fond desquelles une influence indienne ou boudhiste se fait sentir. » Ces détails, peut-être un peu sérieux, étaient, je crois , indispensables, puisque le gnosticisme et le manichéisme ont en quelque sorte enfanté la kabbale; et que M. de Kleist unit dans sa pensée la poésie de ces croyances. On verra aisément par cet aperçu qu'on n a généralement que des idées fort vulgaires et fort incomplètes sur la kabbale. Je terminerai cette note bien incomplète en disant qu il faut entendre par le /ogosla^ parole créatrice. Le logos de Platon , dont il est si fréquemment question dans les doctrines anciennes , c'est le verbe des chrétiens , intelligence céleste , fils de Dieu incarné dans l'homme, et type de l'univers. Le Kosmos est 1 univers constitué dans sa beauté et son harmonie ; et, pour me servir encore des expressions de M. d'Eckstein , c'est aussi le monde idéal incorporé au monde matériel. Parmi le grand nombre d'ouvrages qu'il a été nécessaire de consulter sur ces matières si curieuses , mais si peu connues , j'indiquerai aux gens du monde le Catholique, 16 vol. in-8°; l'Histoire des gnostiques par M. Matter, et l'intéressant ouvrage de M. Molitor, intitulé : Philosophie de la tradition, qui vient d"ctre traduit pîtr M. Xavier Quris. \ . aussi Knorr de Rosen-roth, Kahbala denudata. 3 vol. iu-4-

Mes ginètes de la Beira. (Page aaô. )

On disait , durant le seizième siècle , un genêt pour désigner un cheval andaloux : les ginètes forment un corps de cavalerie appartenant à la province ici désignée.

Les âmes qui se lamentent dans la nuit du Sclîéol. (Page 258. )

Quelques savans pensent que le Schéol était un lieu souterrain où les morts se trouvaient réunis.

Le Bereschith et surtout le Marcava, ces deux divisions éternelles de la kabbale. ( Page a 70. )

Rien de si arbitraire que la manière dont ces deux noms sont écrits dans les auteurs. On trouve Bœresith, Bœreschit, Beressith , et l'auteur le plus savant en ces sortes de matières écrit B'reschith , de même qu'il écrit Mercabah. Kabbale vient de l'hébreu kibbel, recevoir. Bereschith est le premier mot de la Genèse et signifie commencement : c'est cette première partie de la kabbale qui renferme la théorie et la doctrine des adeptes sur la création spirituelle et la chute des anges , sur celle de l'homme visible, etc. Le Mercava ( le chariot) renferme les dogmes de la kabbale pratique, la doctrine des noms sacrés et des lettres , « L'écriture étant , comme dit un auteur, l'expression visible des forces divines sous la figure desquelles le ciel se révèle à la terre. »

La statue de Roger Bacon... L'androide du Grand Albert. (P. 288.)

Ces deux noms sont si populaires en France , et cependant on y attache une idée si peu nette , que je crois devoir reproduire ici cequej'^i dit ailleurs sur eux.

iiL^'EKî:!(\.eGvsxià),a.ViXremenK.JlbertusTcutonicus,fraterJlbcr-

tuSjjâlbertusde Cvlonid,Albertus Ratisbonensis, Albertm Crotus, évêquede Ratlshonne , né à Lawigen dans la Souabe, en iigS ou iao5. C'était un dominicain fort instruit , que les démonographes mettent toujours au rang des magiciens. Sa réputation comme sorcier est populaire en France. Il est infiniment probable qu'il se livra à l'étude de la mécanique et de l'alchimie. On assure qu'il mit trente ans à fabriquer un automate qui pouvait résoudre toutes les questions qu'on lui proposait. On appelait cette espèce de statue métallique, Vandroïde d'Albert le Grand. Il expliqua à Paris la physique d'Aristote. On a fait courir sur le compte du savant dominicain mille autres contes ridicules , et c'est tout-àfait à tort qu'on lui attribue les deux ouvrages absurdes qui courent les campagnes sous son nom , le Grand et le Petit Albert. Il mourut âgé et dans un état voisin de l'enfance ; quelques personnes pensent qu'il fut canonisé. En défalquant de ses ouvrages tout ce qu'il y a de pseudonyme ou de douteux, il en reste assez pour assurer à Albert le titre d'un très-grand polygraphe: il, ne fait souvent que commenter Aristote ou compiler les Arabes.

BACON ( Roger ]. Ce cordelier anglais si célèbre, auquel on doit de si importantes découvertes, et que ses contemporains avaient surnommé le docteur admirable, passa la plus grande partie de sa vie en prison , comme magicien , quoiqu'il ait écrit contre la magie ; par une étrange bizarrerie, il croyait cependant à l'astrologie et à la pierre philosophale. Il avait fabriqué , dit-on , une tète d'airain pour savoir d'elle s'il était nécessaire de fortifier l'Angleterre d'une muraille qui l'entourât complètement. Les uns disent qu'elle répondit i/ est temps, d'autres assurent qu'elle parla au moment où Roger s'y attendait le moins , et qu'il ne put faire usage de sa réponse. Il mourut en 129a ou i3y4- On a de lui VOptis majus , livre fort remarquable.

Ce qu'il y a de merveilleux , c'est que cet homme , auquel on doit l'invention de la poudre à camon et celle du télescope, prévoit aussi la possibilité de la navigation aérienne.

35o NOTES.

Qu'en LendaienL les piophètes quanc^ ils parlaient (les térapbims. (Page 291. )

II en est parlé dans l'Écriture sainte. Selon les uns, c'étaient des statues ou des espèces d'automates fabriquées sous certaines constellations; d'autres auteurs prétendent qu'on désign.iit sous ce nom des Instrumens de cuivre destinés à marquer la différence des temps et des heures. Bekker , Gaffarel et d'autres auteurs , adoptent la version que j'ai choisie et qui semijle avoir appartenu au moyen-âge.

L'Urim et le Thumim , emblèmes muets d'un oracle perdu. (Page 298. )

L'Urim et le Thumim formaient le pectoral du grand-prêtre et on l'attachait sur l'Épliod ; on prétendait que l'avenir se révélait au prêtre dans les pierres précieuses dont ils étaient formés.

Cette multitude de pierres gravées connues sous le nom d'abraxas. ( Page -j.gg. )

On en peut voir dans plusieurs cabinets : on suppose qu'aliraxa signifie^^aro/e sacrée.

L'Ensopb.( Page 3oo. )

C'est l'être infini de la kabbale.

Le pays des Préadamites. ( Page 3oo. )

Rien de plus curieux que les croyances des Orientaux relatives aux peuples antérieurs à Adam. — 'V^oy. d'Herbeîot , bif>. orientale.

Cette étrange parole du Thalmud. ( Page Soy. )

Il y a peu de temps que M. l'abbé Chiarini annonçait une tra-

duction de ce livre qui a exercé et qui exerce encore une si grande influence sur les Hébreux. LeThalinud ou Talnind , édil. de Daniel Bomberg, forme ii vol. in-f. Ce vasle recueil contient la loi des Juifs (laThorah) , leur doctrine, leur cérémonial; il se divise en deux parties: la lyjischnah et la Gemara. La Geniara, qu'on doit au rabin Jocbanau,et qui signifie complément , prend partout la Mischnah pour te.\te fondamental. La Tborah, ou la loi primitive fut, selon les Juifs, reçue de Moïse et fut conservée écrite, et il y avait une manière consacrée de la lire. La Tliorah primitive n'avait ni points ni voyelles, ce qui en faisait un livre scellé ; pour le comprendre, il fallait suivre quelques règles mystiques. V. la note sur la massore.

Les Ferouers des Persans, les Ized, les dix Sephiiolhs, les Éons des Manichéens. (P. 290.)

Les ferouers représentent les pensées d'Ormuzd; les Ized sontla seconde série des créations ; ce sont les modèles des hommes. Les Séphiroths des kabbalistes sont les attributs de Dieu ; voici leurs noms: la couronne, la sagesse, l'intelligence, la force ou la sévérité, la miséricorde ou la magnificence, la beautéj la victoire ou l'éternité, la gloire, ie fondement et le royaume. On peut voir dans Beausobre ce" que les manichéens entendaient par leurs Eons ou OEones , intelligences qui unissaient la terre aux cieux.

D'ailleurs vous appellerez la doctrine d'Ophis à votre aide. (P. 3r 1.)

Les Ophites,qui avaient adopté le serpent pour symbole, formaient une des sectes les plus poétiques et les plus nombreuses de la Gnose ; Ophis est le génie puissant caché sous la forme du reptile.

J'ai vu Giam Ben Giam. (P. 333.)

Giam Ben Giam est le chef de la hiérarchie des génies oriea-

taux : le Ginnistan est son empire. J'ajouterai encore ici que" plusieurs ouvrages modernes renferment de curieuses révélations .sur ces mythes si curieux des Orientaux auxquels le moyen-âge a largement puisé. Au premier rang je mettrai le savant ouvrage de M. Reynaud , intitulé . Monumens persans, arabes et turcs , etc. j a vol. in-8, 1828.

Denis, Ferdinand Luiz de Souza

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