‹ LullyChapitre 11 sur 65 · Nuitter et Thoinan, Loc. cit., pp. 25i · texte numérisé non relu

Nuitter et Thoinan, Loc. cit., pp. 25i

1. Cette lettre, publiée par MM. Nuitter et Thoinan à la page 202 de leur ouvrage, a été traduite en allemand par La Mara dans ses Musikerbriefe (I, pp. n5, 117).

Si LULLY

Perrin. tandis que Perrin se bornait à demander io5 ooo livres, la salle, les machines, et la reddition des comptes arriérés de Sourdéac et Champeron

L'n arrêt du Parlement du 27 juin 1672 mit fin à l'affaire, en ordonnant purement et simplement l'enregistrement des Lettres patentes. Sourdéac se vovait déchargé du prix du bail du Jeu de Paume; ses frais lui étaient remboursés, et on indemnisait Perrin, Cambert et les chanteurs '.

Ainsi, Lully réglait vivement le compte de Sourdéac et Champeron qui, en véritables parasites, s'étaient pouillés dans le privilège de Perrin. On lui a reproché sans aucun fondement d'avoir spolié Cambert, car Cambert, simple emplové aux gages de Sourdéac et Champeron. ne demandait qu'une chose, le règlement de son compte. Lully ne lui devait rien, et la fermeture de la salle de la rue Mazarine ne lui causa nul dommage pour la raison bien simple qu'il n'était jamais payé.

Au fond, Sourdéac et Champeron nourrissaient l'espoir de redevenir indispensables en gardant la salle de la rue Mazarine, dont, pensaient-ils, on ne pouvait se passer pour exploiter le privilège de l'Opéra ; mais le Florentin possède

1. Arch. nat. X. 2665 et Quitter et Thoinan, Loc. cit. p. 264. Le Mercure galant de 1687 (l, p. 366) met au point l'affaire du priviiége de Lully.

plus d'un tour clans son sac. Le 12 août 1G72, il loue à Etienne et à François le Gaigneur et à la D"e Patru le jeu de paume de Béquet, rue de Vaugirard, où il fera élever une salle de spectacle ; le bail est conclu à court terme, pour huit mois, moyennant 1 800 livres et 5oo livres de pots de vin, parce que Lully sait, qu'avant ce v délai, il aura raison de ses adversaires. Au reste, \ l'habile manœuvrier va allonger encore un terrible coup droit à Sourdéac et Champeron. Le 22 août, une ordonnance royale défend à toutes les troupes de comédiens français et étrangers de louer la salle de la rue Mazarine, et voilà la salle de Sourdéac frappée d'interdit. En même temps, afin d'assurer le monopole de Lully, défense était adressée aux comédiens de se servir dans leurs représentations de plus de six musiciens et de douze joueurs d'instruments1. De la sorte, et dans une certaine mesure, on donnait satisfaction aux réserves formulées par Molière ; en outre, et sans doute par déférence pour le grand poète, c'était Lully qui devait signifier lui-même aux comédiens l'ordonnance royale. Molière conserva cependant quelque rancune contre Baptiste, car. lorsqu'il reprit le Mariage forcé, il chargea Marc-Antoine Charpentier d'en refaire la musique.

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