‹ LullyChapitre 12 sur 65 · Arch.nat. 0'i6, f° iqï. Ordonnance du 22 août · texte numérisé non relu

Arch.nat. 0'i6, f° iqï. Ordonnance du 22 août

Assuré désormais de pouvoir abriter sa troupe, Lullv prend immédiatement toutes les dispositions nécessaires pour hâter l'ouverture du nouveau théâtre. Le 23 août 1672, il constitue avec le célèbre décorateur Charles Yigarani, pour une durée de huit années, une société moyennant versement, par chacun des deux sociétaires, d'une somme de 10 000 livres, avec partage des bénéfices de l'entreprise dont les deux tiers revenaient à l'astucieux musicien1. Et comme les tracas qui l'avaient assailli l'empêchaient de débuter avec une pièce nouvelle, il se contenta de présenter au public un simple arrangement de fragments empruntés, pour la plupart, aux ouvrages composés en collaboration avec Molière. Remarquons à ce propos, qu'en agissant de la sorte, Lully n'outrepassait nullement son droit et ne « pillait » pas Molière, comme on l'a avancé. Les ballets et pastorales dont il se servit avaient été représentés devant le roi et pavés de ses deniers. On ne comprend pas de quelle façon Molière aurait pu se trouver lésé par l'usage d'oeuvres qui ne lui appartenaient pas en propre.

Ce fut Quinault qui mit au point la pièce dou-

1. Inventaire après décès de Lully. .Xotes et documents sur l'histoire des théâtres de Paris au XVIIe siècle, par le bibliophile Jacob, 1880. — A. Pougin, L'Opéra sous le règne de Lully [Ménestrel, 7 lévrier 1886].

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verture laquelle comportait le divertissement du cinquième acte du Bourgeois gentilhomme, celui des Amants magnifiques, la Pastorale comique, le ballet des Fêtes de Versailles de 1668, et le divertissement du troisième acte de Georges Dandin. L'ensemble prenait le titre de Fêtes de V Amour et de Bacchus. Avec une hâte fébrile, Lully poussait les répétitions dans la salle des Tuileries qu'on lui avait prêtée, et se donnait tant de peine qu'il en tombait malade et qu'on craignait « qu'il ne put résister aux fatigues de l'Opéra. » i La date de la première représentation, assez difficile à préciser, semble bien antérieure au 26 novembre.

La mort du duc d'Anjou, survenue le 4 août, empêcha le roi d'assister à l'ouverture de l'Académie royale.

A la fin de 1672, « le tendre M. Quinault » avait déjà achevé Cadmus et Hermione que Lully destinait au carnaval de 1673. Lully s'était attaché le poète par un contrat aux termes duquel Quinault devait, moyennant quatre mille livres, écrire un opéra par an. De son côté, le roi ne tarda pas à se montrer si satisfait du librettiste qu'il lui fit servir une pension de deux mille livres2.

Cadmus passa le 27 avril 1673, en présence

1, Requête d'inscription de faux contre Lully. Déposition de Marie Yerdier.

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