Chansonnier de Maurepas, Bib. D^t y* 12619, f
chard et Lully n'étaient pas encore très tendus, puisqu'en février 1675. le surintendant, tout à la fièvre de ses constructions, consultait Guichard sur les plans de sa maison de la rue Royale1. Malheureusement, les choses ne tardèrent pas à se gâter. Lorsque, le 18 février 1676, Guichard s'associe à Vigarani pour l'exploitation de son Académie des spectacles, le Florentin s'effraie; il craint de perdre le décorateur qu'il considère comme le soutien de son entreprise, et entre délibérément en lutte ouverte contre un rival décidément incommode.
Les circonstances le servirent à souhait. Marie Aubry, chanteuse de l'opéra et maîtresse d'Henri Guichard, venait d'être abandonnée par son amant ; elle résolut de se venger et s'en vint raconter à Lully que Guichard avait proposé à Sébastien Aubry, son frère, de l'empoisonner avec du tabac mêlé d'arsenic. Aussitôt, Lully adresse une plainte au roi (12 mai i6j5). On entendit les témoins à charge les 14, i5 et 16 mai et, le 22, Guichard se constituait volontairement prisonnier2. Sébastien Aubry n'était qu'un bandit, et cependant, par une amusante gageure, il comptait dans la police sous les ordres de M. de Grandmaison, lieutenant criminel.