‹ LullyChapitre 26 sur 65 · Lecerf. Loc. cit. p · texte numérisé non relu

Lecerf. Loc. cit. p

Des plaisantes anecdotes que raconte Lecerf, on ne retiendra surtout que la manière goguenarde du Florentin auquel une longue familiarité avec les princes ne devait pas rendre bien difficile l'acquisition d'une charge de secrétaire du roi. Celle-ci lui conférait la noblesse et le titre d'escuyer1.

Les reprises à'Atys et de Proserpine, en janvier et février 1682, permettaient à Lully de travailler à Persée dont.il tenait le sujet de Louis XIV luimême, et qui fit exception à la coutume suivant laquelle un opéra nouveau n'était représenté à Paris qu'après l'avoir été à la cour, car on le joua pour la première fois, le 18 avril 1682, au Palais-Royal. Seul, le langage que Phinée tient sur sa maîtresse souleva des controverses auxquelles le Mercure ouvrit ses colonnes2. La machinerie, très savante, comportait des « vols » qui, tout d'abord, ne donnèrent pas entière satisfaction, mais qu'on mit au point par la suite.

Lorsque Persée fut représenté à Versailles en juillet, les décorateurs 'et les metteurs en scène réalisèrent des prodiges. Sur un ordre tardif du

: 1. D'ailleurs les rapports des commissaires nommés pour t enquêter à cette occasion prouvent que l'affaire se déroula sans encombre. — J. Ecorcheville, Lully gentilhomme et sa descendance. S. I. M. i5 mai 191 1, pp. 14 et suiv.

2. On se demandait « s il était d'un véritable amant de préférer voir sa maîtresse dévorée par un monstre qu'entre les bras de son rival. »

roi, le théâtre avait été dressé dans la cour du château ; le travail se trouvait fort avancé lorsque la pluie se mit à tomber; un autre théâtre fut alors improvisé, le soir même, dans la salle du manège l. Et, comme si les attractions du spectacle ne suffisaient pas, on corsait celuici de nouveautés suggestives en remplaçant un des danseurs de la troupe par le jeune prince allemand de Dietrichtein2.

D'ailleurs, le mythe & Andromède détenait la vogue, et pour faire pièce à Lully, les comédiens du Marais jouaient Y Andromède de Pierre Corneille avec musique nouvelle de Charpentier.

Lully, qu'on accusa d'avarice, savait fort bien se mettre en frais dès qu'il s'agissait de faire sa cour ; Persée lui servit, à l'occasion de la naissance du duc de Bourgogne (6 août 1682), à manifester son loyalisme, et il donna de cet opéra une magnifique représentation gratuite, pendant qu'une fontaine de vin coulait jusqu'à minuit3.

A côté des dépenses politiques, les achats bourgeois ; le 5 octobre, Lully acquérait de Félix du Verger une maison avec jardin située à la Ville-l'Evêque, rue de la Madeleine4; c'est là, presque à la campagne, qu'il allait se fixer à

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