‹ LullyChapitre 28 sur 65 · Lecerf. Loc. cit. III, pp · texte numérisé non relu

Lecerf. Loc. cit. III, pp

les habits dessinés par Bérain 'produisirent grande sensation1.

Lorsque Paris put apprécier la pièce (2- avril i683), le succès prit plus d'ampleur qu'à Versailles. Aussi, le nouvel opéra fut-il vite appelé YOpéra du peuple, en raison de Paiïluence extraordinaire qu'attiraient ses représentations. Celles-ci durèrent jusqu'à l'été et ne furent interrompues, en août, que par la mort de Marie- Thérèse ; la nouvelle parvint à l'Opéra, alors que l'orchestre attaquait déjà l'ouverture ; Lully arrêta le spectacle, rendit l'argent, et « renvoya l'assemblée fort triste »2.

Gomme, sous l'influence de Mme de Maintenon, le souverain inclinait vers la dévotion, habilement, Lully donne un coup de barre du côté de la musique d'église; en mai i683, il fait exécuter à la satisfaction générale un beau De Profundis, et, quatre mois plus tard, dirige la musique de la chambre, au service de la reine à Notre-Dame.

Ce fin politique s'érigeait en véritable potentat

1. Ces costumes, d'ailleurs, ne servaient pas seulement dans les opéras ; ils étaient de règle pour tous les divertissements de la cour. Ainsi, en mars i683, au cours d'une fête, les petits violons paraissaient costumés en Egyptiens et « M. de Lully vestu de même, mais très magnifiquement, qui battoit la mesure. » D'après le Mercure (juin 1682. p. 3o8), c'était « dans le grand escalier du roi » que les symphonies « se donnaient le plus agréablement ».

1. Mercure galant, août i683, pp. 37, 38. Phaéton fut le premier opéra joué à Lyon. Il y remporta un succès considérable.

de la musique française, quoique sa tyrannie n'ailât pas sans susciter quelques critiques dont le Mercure de juin i683 enregistre l'écho, à propos des concerts que Perrault donnait chez lui, périodiquement. Là, quelques-uns se plaignaient de ce qu'une ville de l'importance de Paris se vît réduite, du fait du privilège, à n'avoir qu'un opéra par an. Combien préférable le régime de la liberté musicale, tel qu'on le pratiquait à Venise l. En fait, de 1672 à 1687, ^e Florentin règne en maître incontesté sur la scène française. Son monopole musical s'étend à toutes les provinces, et quand Gaultier désire établir un Opéra à Marseille, il doit payer à Lully une redevance annuelle de 2000 livres; il en est de même partout où se donnent, des « concerts d'opéra- ». Vers la fin de i683, Lully quitte son hûtel de la rue Sainte-Anne pour venir s'installer en sa propriété de la Ville l'Evêque3. C'est de là qu'il surveilla et dirigea les répétitions dWmadis, dont la première fut reportée au 18 janvier, en raison du deuil de la cour, et auquel Quinault travaillait

i. Mercure calant, juin i6S3, pp. 260 et suiv.

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