‹ LullyChapitre 29 sur 65 · Dangcau. Journal, I. p · texte numérisé non relu

Dangcau. Journal, I. p

3. h' Etat de partition de la ville et faubourgs de Paris le porte habitant rue do la Madeleine au Ier janvier 1684.

l.c. 29 février. Lully achetait une seconde maison avec jardina Pierre Gillot, moyennant 4000 livres. Le terrain de Lully comprend une grande partie du marche d Aguesseau ; sa maison porte le n° 28 de la rue Boissy-d Anglas. Lui.lv. 5

depuis longtemps; on avait même prétendu que le poète s'était trouvé très embarrassé de traiter ce sujet qu'on rapprochait à tort du madrigal intitulé Y Opéra difficile1.

Une fois de plus, décors, costumes et «vols », pour lesquels on avait dépensé 4ooo livres, provoquèrent l'admiration, et Bérain s'entendit traiter de génie universel. On causa beaucoup du nouvel opéra dans les salons; La Fontaine l'honora d'une préface, et une des maximes de psychologie amoureuse dont Quinault remaillait fournit à plusieurs beaux esprits l'occasion de versifier. Comme le roi se refusait à prendre tout divertissement pendant son deuil, il se borna à entendre à Versailles, en avril, desfragments d\4tnadis, en concert, « sans danse, sans habits et sans théâtre2 ». Les «héias» de la première scène, et surtout l'air : « Bois épais », que Lully considérait comme l'un de ses meilleurs, furent très admirés3. Au surplus, le surintendant devait garder une prédilection marquée pour Amadis.

Quelque temps après, il mariait sa fille Catherine-Madeleine qui épousait Nicolas de Francini, maître d'hôtel du roi ; le souverain signait au contrat, et Madeleine Lully recevait une belle

i. Pcllisson et d'Olivet. Histoire de V Académie française, II, pp. a3o, 23 1.

a. Mercure galant, (Ed. do Lyon) avril 1684, p. 19S. 3. Lecèrf. Loc. cit., III, p. i3S.

dot de 55 000 livres1. Ce mariage permettait à Lully de se décharger sur son gendre de bien des soins administratifs, et de se consacrer exclusivement à la direction artistique de l'Opéra dont il était si lier, et autour duquel il montait une garde vigilante. Ainsi, à sa demande, une ordonnance du 17 août 1684 défendait d'établir des Opéras en France sans sa permission expresse2.

Et, en dépit de sa santé chancelante, avec une inlassable énergie, il travaillait toujours. Dès l'automne, le roi lui ayant indiqué le sujet de Roland, Lully se met ardemment à l'ouvrage ; vers la fin de novembre, Quinault lit le poème au dauphin et à la dauphine, et, le 8 janvier i685, le manège de la Grande Ecurie à Versailles, accommodé pour la circonstance, donne l'hospitalité à Roland.

La satisfaction du roi fut si grande qu'il pardonna à l'artiste les incartades de l'homme, cai\ à la suite d'une histoire scandaleuse où se trouvait compromis un page de la musique, Louis XIV avait averti Lully de prendre garde, pour l'avenir, à sa conduite3.

L'indiscutable succès de Roland se lit dans les lettres de Alme de Sévigné, et il était de bon ton de chanter « les fureurs de Roland » dans les

1. Inventaire de Lully. (Contrat signé par le roi le ia avril).

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