‹ LullyChapitre 40 sur 65 · En i656, Benserade avait déjà écrit un ballet de Psyché · texte numérisé non relu

En i656, Benserade avait déjà écrit un ballet de Psyché

machines dont l'affabulation, abandonnant le réalisme de la comédie bourgeoise, relève de la mythologie, pendant que la musique s'y montre attentive à souligner les lignes de force, les aspects caractéristiques du sujet. La fameuse Plainte italienne du premier acte, et l'air de la femme affligée sont pathétiques à souhait. Au troisième acte, la présence de la musique s'explique par le divertissement que l'Amour donne a Psyché et dans lequel Zéphyr chante la fraîche chanson : « Aimable jeunesse ». Et, de la sorte, le principe dé la vraisemblance s'applique, par une transposition idéale, aux sujets merveilleux. Le finale de Psyelié atteint à une puissance que Lully ne dépassera pas dans les conclusions' les plus tumultueuses de ses opéras. Accompagné des Muses et de trois cents divinités, Apollon vient assister aux noces de l'Amour et de Psyché, puis Mars paraît, conduisant des guerriers dont la troupe défile-dans une atmosphère tapageuse, emplie du bourdonnement des tambours, de l'éclat aigu des trompettes. Peu à peu, la musique se masse, s'organise en vastes et profonds ensembles, et éclate, majestueuse. Ajoutez du récitatif et vous aurez un opéra. C'est, <lu reste, ce que fit Lully, lorsqu'il transforma

Molière demanda l'aide de Pierre Corneille qui collabora avec lui pendant quinze jours et auquel on doit la charmante déclaration de Psyché.

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Psyché en tragédie lyrique, car il ne changea pas une note aux intermèdes.

Par son intensité, par son caractère massif et martial, la musique de Psyché, comme celle de Georges Dandin, semblait prédisposée à des exécutions de plein air. Et c'est ce qui lui advint le 18 mai 167 1, à l'occasion de l'inauguration des fortifications de Dunkerque. Psyché fut jouée devant le roi, au camp, avec la participation de sept cents tambours, des fifres, hautbois et trompettes des régiments employés aux travaux et de quatre-vingt pièces d'artillerie qui tirèrent une salve au moment de l'intervention de Mars l.

En même temps que la comédie-ballet servait à Lully de laboratoire pour travailler à l'opérar son style se transformait. Alors que dans lespremiers ballets, le musicien reste généralement fidèle à la rhétorique polyphonique, vers 1669, il incline vers un style harmonique, écrit verticalement ses ensembles et obtient ainsi de puissants effets de sonorité. A vrai dire, la Raillerie de 1639, contenait déjà des chœurs massifs, et ceux de Y Impatience (1661) « Se non canto », « Al corpo di Bacco », appartiennent au style harmonique. Les Muses et Flore multiplient ce type choral auquel se rattachent les ensembles syllabiques de Pourceaugnac et les chœurs du Bourgeois gentilhomme.

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