R. Eitner. Monatshefte, i883, p
3. R. Rolland. La vie musicale en Angleterre d'après le Journal de Samuel Pepys. Rieruann-Festschrift, pp. 3o5, 3o6.
INFLUENCE DE L'ART DE LULLY a33
Ranister '. Ce fat encore par Pelham Humphry que Purcell reçut l'éducation lullyste.
La correspondance de Christian Huygens témoigne enfin de l'importance prise par l'opéra français dans les Pays-Bas. Thésée était joué à La Haye le 18 mai 1682.
Lully eut un succès triomphal et immédiat qu'il dut, non seulement à cette sorte d'art moyen auquel il a attaché son nom, mais aussi aux circonstances, car, apparaissant dans un moment d'hésitation et de crise, il rallia tout le monde par sa décision. Il créa une tradition, celle de l'opéra français, tradition à laquelle Rameau et Gluck se soumirent. Bien plus, de Spontini à Meyerbeer et à Gounod, tout le côté pompeux, décoratif de notre tragédie lyrique, ses défilés, ses scènes héroïques et religieuses, appartiennent à l'héritage de Lully.
Oubliée aujourd'hui, la musique de ce Florentin déraciné apporte une contribution trop importante, trop caractéristique, aussi bien à l'histoire générale qu'à celle de l'art, pour qu'on l'abandonne à la poussière des bibliothèques. Sans doute, elle pèche un peu par défaut d'originalité, et aussi par un je ne sais quoi d'industriel et de compassé. Sans doute, sa technique nous
1. Voir sur tous ces points Henry Cart de Lafontaine: The King's Music, Londres, 1909. "
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paraît pauvre, et son esthétique désuète. Mais, tout de même, cette patine est celle du grand siècle, et. à côté de défauts qui sont la rançon du temps, combien de belles pages, d'une douceur pénétrante, ou d'une fierté que nous reconnaissons nôtre ! Nos grands écrivains ont reçu le juste hommage d'une imposante édition critique, hommage qu'on décerne aujourd'hui à Rameau. Pourquoi ne tenterait-on pas un effort pour rendre accessible au publie le monument musical que Lully éleva à la gloire de son siècle? Pouvons-nous demeurer indifférents devant une musique qui arrachait des larmes à Mme de Sévigné. qui laissait frémissante Mme de la Favette, qui excitait l'admiration de Molière et vers laquelle Racine penchait son âme attentive ?