Parnasse français, p
2 A Pirro. Remarques de quelques voyageurs sur la musique en Allemagne et dans les pays du Nord, de i634 a I7oo. Riernann-FestschiiU. pp. 3*5 et suiv. Mercure, juillet
fameux Baptiste, dont les ouvrages sont à présent les plaisirs de toutes les cours de l'Europe. » De même, la curieuse préface que Georges Mufïat ajoute à son Florilegium primum ( 1695 )l définit très heureusement les caractères du style lullyste, mélodie naturelle, coulante, et surtout précision rythmique chère aux Lullianer. Erlebach composa des ouvertures à la manière française, et dans son opéra d'Adonis, Reinhard Keyser semble refléter l'influence de Lully que lui apporta son ami Gousser ; les suites de Bach trahissent une étude attentive des danses luilystes, et Haendel, non content d'adopter le type d'ouverture en deux parties, emprunte à Lully quelques-unes de ses mélodies2.
Puissante en Allemagne, l'action de Lully s'exerce aussi sur l'Angleterre où, du reste, dès 1660, la musique française est en honneur à la cour. Un peu plus tard, en 1662, Evelyn parle d'un concert de violons « à la manière française » et en 1664, Charles II envoie à Paris Pelham Ilumphry afin de s'y former à notre école 8. La vogue de l'art lullyste vaut même à Louis Grabu l'honneur de venir diriger la musique de la chambre du roi d'Angleterre et d'évincer John