CHAPITRE I
La leucocyto-réaction à l'or.
On vient de voir que, malgré le nombre des arguments donnés, il ÿ a encore des cas où le doute sub siste.
Dans le Service, voilà comment nous opérons pour rechercher le terrain tuberculeux.
Reprenant les séries d'expériences qu'ils avaient faites avec les médicaments antisyphilitiques, les D Gouin et Bienvenu ont recherché quelles étaient les réactions de l’organisme vis-à-vis des sels d’or.
Ils ont constaté :
1° Que chez les sujets indemnes de tuberculose (cliniquement, radiologiquement et bactériologiquement) dont les antécédents étaient vierges au point de vue tuberculeux, l'iajection d’un sel d'or, soluble ou non, provoquait toujours une réaction de l’organisme se traduisant par une leucopénie à la deuxième heure ;
20 Chez les sujets atteints de tuberculose pulmonaire (cliniquement, radiologiquement et bactériologiquement confirmée) l'injection d’un sel d’or provo-
NERO EN TEE
quait une réaction de l’organisme se traduisant par une hyperleucocytose à la deuxième heure.
30 Chez les sujets atteints de tuberculose cutanée vraie ou de tuberculides, la réaction est très souvent
positive pour la première, souvent pour la deuxième.
C’est la méthode de la leucocyto-réaction aux sels d'or dont la technique et les bases sont exposées dans la thèse du D' Desaunay.
Cette réaction permet de poser le diagnostic de terrain tuberculeux, de même que la leucocytoréaction aux médicaments antisyphilitiques posait le diagnostic de la syphilis ou du terrain syphilitique.
Nous avons vu que cette dernière réaction permettait en outre de choisir parmi les antisyphilitiques un remède qui convienne au malade.
A la spécificité diagnostique s’ajoutait la spécificité thérapeutique. Or, il semble qu’en tuberculose, on ne puisse conclure d’une leucocyto-réaction positive à un processus de guérison obligatoire. D’autres conditions paraissent intervenir.
Nous n’envisageons pas ici les conditions d’action des sels d’or en tuberculose pulmonaire, nous ne les avons pas recherchées, il se peut qu’elles existent. Nous rappellerons simplement les « conditions d'actions des sels d’or en tuberculose cutanée », telles qu'elles ont été rapportées dans la thèse récente du Dr Cren sous la direction des D'S Gouin et Bienvenu.
Ces auteurs avaient en effet remarqué que parmi les tuberculoses cutanées traitées par les sels d'or,
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les lésions à chair nue, ulcérées, et les lésions localisées aux endroits découverts étaient celles qui étaient. le mieux influencées.
Il était donc normal d’en déduire que l’extériorisation des lésions jouait un rôle dans la guérison.
A la suite d’une série d’expériences, ils ont démontré que :
1° Une lésion tuberculeuse, à l’abri de l’air et de la lumière, guérissait mal, ou pas du tout à la suite d’injections de sels d’or ;
2° Une lésion tuberculeuse extériorisée, c’est-àdire grattée et soumise à l’action de l’air, guérit souvent, rapidement et complètement, à l’or (aussi viteque des lésions syphilitiques traitées par un grand arsenical) après formation d’une croûte noire, d’as-
pect métallique caractérisque.