LES MYSTIQUES LES PROPHÈTES DE ZWIGKAU
Cet intervalle de retraite, de recueillement et de travail allait avoir un terme.
Déjà s'annonçait la première crise, la plus terrible peut-être que dût affronter la Réformation.
Le difficile, dans Tœuvre des grands serviteurs de Dieu, ce n'est pas de tenir tête aux adversaires, c'est de résister aux amis. L'épreuve redoutable entre toutes attendait Luther ; il avait à sauver la Réforme des mains de ses partisans.
Si j'admire le témoin marchant à Worms, calme et résolu, je le trouve plus héroïque encore lorsqu'il se précipite du haut de sa Wartburg, à la façon de Moïse qui descend du Sinaï.
Il y a chez Luther, à cette heure décisive, un si. rare degré d'élan et de raison, il y a une réunion si merveilleuse des qualités les plus contraires : enthousiasme qui brave tous les dangers, bon sens qui re-
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pousse toutes les erreurs ; audace qui réprime les violents, charité qui ménage les chétifs; ce cœur vaillant et libéral écarte si résolument la force mise au service de la foi ; Thommè est si complet, Tâme monte si haut qu'il semble en vérité que l'un et l'autre n'aient plus qu'à redescendte : les ailes ploieront, ce vol puissant fléchira !
Il fléchira? Messieurs, il n'a pas fléchi.
Luther renonce donc brusquement à la sécurité qu'on lui avait procurée. Cet édit de Worms dont on avait redouté l'application, Luther le bravera. Sa vie et sa liberté sont à la merci du preiÀier venu, qu'importe a Luther l II lui faut une bien autre résolution, je le redis encore, pour affronteries tempêtes morales que pour défier l'emprisonnement et la mort.
« Quant à ma propre peréonne •— écrit Luther à l'Électeur — - Votre Altesse sait ou doit savoir que j'ai reçu l'Évatigile, non des hommes, mais du ciel même, par Notrè-Seigneur Jésus-Christ. Aujourd'hui, je m'aperçois qu'on veut se prévaloir de mon humilité pour abaisser l'autorité de la Parole de Dieu; le diable, dès que je recule d'un pouce, se met en mesure d'occuper toute la place ; ma conscience, par conséquent, m'obligea changer de chemin:
» J'ai assez loin poussé la complaisance en restant si longtemps caché pour obéir à Votre Altesse; car Satan sait que ce n'est pas la peur qui m'a retenu à la Wartbourg... Non certes, et si les. scènes qui se sont passées à Wittemberg avaient eu lieu à Leipzig, j'ose affirmer hardiment qu'on me verrait entrer à Leipzig même, dût- il neuf jours durant ne pleuvoir que des ducs Georges, et chacun d'eux fût-il neuf fois plus
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furieux que le véritable. Il prend mon Seigneur Jésus-Christ pour un homme de paille !
;, Mon but, en adressant cette lettre à Votre Altesse, est de lui faire savoir que j*ai, pour venir à Wittemberg, une protection plus puissante que celle de l'Électeur. Aussi ne demandé-je rien. Je pense, au contraire, défendre Votre Altesse mieux qu'elle ne saurait me défendre ; car si je prévoyais qu'elle pût ou qu'elle voulût intervenir en ma faveur, je n'irais point à Wittemberg. L'épée n'y peut rien faire; il faut que Dieu nous aide, sans que nous prétendions fortifier son bras. Celui qui aura le plus de confiance en Dieu, c'est là l'homme qui nous portera secours. Or ce secours, comment l'attendrais-je de Votre Altesse, alors que je vois en elle une si faible foi! Votre Altesse me demande ce qu'il faut faire pour réprimer le désordre? Rien du tout; voilà ma réponse; car Votre Altesse n'a déjà que trop fait. »
De quoi s'agit-il donc?
Le voici.
Il y a toujours, dans les meilleures causes, d'une part des esprits turbulents, excessifs, d'autre part des esprits mystiques et rêveurs, non moins extrêmes, non moins violents à l'occasion que les premiers ; or, ces deux classes de caractères, d'individus si vous voulez, venaient de se rencontrer à Wittemberg.
Carlstadt, Tami de Luther, un des plus anciens professeurs de l'université, marchait en tête des boutefeu. Miinzer, l'homme de la révélation intérieure, menait les songeurs»
Carlstadt, intolérant par nature, volontiers bnital,
dompté quand Luther était là, mais prenant mal son parti de cette subordination qu'impose le génie à la médiocrité, Garlstadt profitait de l'absence de Luther pour saisir le rôle de Réformateur.
Miinzer, dans sa fiévreuse exaltation; Mûnzer avec son armée de prophètes, tous, inspirés, tous méprisant la lettre * ;-Mùnzer, vrai niveleur, vrai révolutionnaire, était bien autrement dangereux. Derrière lui s'avançaient le règne des saints, l'extermination des impies, les fureurs anabaptistes, la guerre des paysans.
Contre de tels hommes, ni l'Électeur, ni Mélanchthon n'étaient de force à lutter.Troublés l'un et l'autre, ne sachant trop que penser des prophètes et de leur inspiration, craignant de méconnaître des révélations qui peut-être venaient du ciel, Mélanchthon et l'Électeur avaient risqué quelques protestations timides, tous deux s'étaient efforcés de mettre un peu d'ordre dans le désordre, tous deux restaient hésitants et consternés.
Il fallait l'œil d'aigle, il fallait la forte foi, il fallait le bon sens, il fallait la vigueur de Luther.
Du sommet de sa Wartbourg il a tout vu, tout compris. Lui qui sort de la fournaise des luttes inti-
1 . On les avait nommés : les prophètes de Zwickau, Ils affectaient un profond dédain pour la science. Tandis que Dieu nous ippeile à user de toutes nos ressources, à poursuivre la lumière par tous les moyens, à saisir la vérité par tous ses côtés, la îommode théorie du fanatisme érige l'ignorance en vertu : Plus le savants, plus de docteurs, à bas le jour ! à bai le soleil ! Fernez les écoles, le Saint-Esprit nous enseigne ! Les livres au feu, in seul livre suffit. — Tel .est le mot d'ordre. — Ce n'était pas .elui des apôtres de Jésus-Gbrist.
mes et des combats jusqu'au sang; lui que TÉcriture et rÉcriture seule a fait triompher, il renverse, de sa forte parole , l'échafaudage mystique des saints : c Demandez-leur — écrit-il à Mélanchthon — s'ils ont souffert des angoisses spirituelles, s'ils ont passé par Fenfer de la pénitence, s'ils savent ce que signifie la naissance et la mort en Dieu l
» Que toutes ces saintes émotions, que ces célestes transports, que cette quiète béatitude dont ils vous parlent ne vous en imposent point. Eussent-ils été ravis jusque dans le troisième ciel, défiez-vous de leurs propos. »
Voilà pour Miinzer et les prophètes de Zwickau.
Avec Carlstadt, c'est autre chose.
Carlstadt, malgré ses torts, en dépit des emportements de son action, conserve ce mérite incontestable d'avoir été réformateur conséquent, d'avoir éprouvé plus vivement que Luther peut-être le besoin de marcher dans l'ordre des réalités, conformément à la Parole de Dieu. Rien ne l'anéte ; pas une erreur ne reste debout devant lui ; les scrupules qui si souvent ont travaillé Luther, Carlstadt ne les connaît pas; les principes que Luther a posés, Carlstadt en tire les conséquences logiques, pratiques et les impose résolument aux faits; sans Carlstadt, Luther aurait longtemps encore hésité devant telle application de l'Écriture; sans Carlstadt, Luther s'en serait tenu, volontiers, à la réforme du dedans ; sans Carlstadt, Lifther, ce destructeur qu'imaginent les préventions, ce conservateur obstiné que nous montre l'histoire, Luther aurait respecté bien des traditions erronées; sans Carlstadt, Luther, cet Allemand, ce pur Saxon, l'homme du sen-
timent, trop dédaigneux parfois de Timportance des idées — voyez sa doctrine, très-regrettable, sur les questions indifférentes — Luther aurait laissé la Réforme emprisonnée, durant des mois, des années peut-être dans ses langes romains. Le poing brutal mais résolu de Carlstadt a tout fait sauter. Messe, couvents, célibat des prêtres, vœux monastiques, tout a disparu. Carlstadt a fondé TÉglise, rétabli la cène; Carlstadt en est revenu simplement, fidèlement à la Révélation. Blâmons les moyens, on ne saurait trop les répudier; reconnaissons le bien, incontestable et définitif.
Luther ne s'y méprit point. Ce que Carlstadt avait fait de bon, il l'accepta loyalement. La manière dont Carlstadt l'avait fait, le despotisme dont il avait usé, les violences qu'il avait exercées, Luther les condamna.
Il faut entendre cette série de discours, fermes, puissants, intègres, par lesquels le Réformateur défend la Réforme contre ses excès. Le grand sens de Luther s'y révèle autant que son équité; mais ce qui les éclaire, c'est ce jet lumineux de liberté, c'est ce respect des convictions d'autrui, c'est cette affirmation des droits de l'âme humaine, c'est ce principe de l'indépendance individuelle et sacrée , absolument ignoré, totalement méconnu, jusqu'au moment où Luther le plante au cœur de la Réformation.
La Uberté de ses adversaires, il s'en fait l'avocat contre ses propres partisans. Eh quoi! la fureur,^ les images brisées, les autels renversés, les prêtres chassés de leurs églises! De quel droit? Pourquoi, soua
prétexte de réprimer des abus, opprime-t-on les consciences? persuadez-les, ne les violez pas. Toute vérité qui s'impose devient erreur. Le païen a ses convictions, qu'il faut respecter tant qu'elles ne sont pas changées. Intervertir les actes, briser l'idole avant d'avoir détruit l'idolâtrie, c'est profaner le sanctuaire du cœur, c'est blesser à mort ceux qu'on prétend guérir.
« Point de violence I — s'écriait Luther — point d'autre arme que la parole I Que celui qui veut croire, croie; que celui qui refuse de croire suive son chemin. Ne jetons personne dans la foi de vive force
est-ce qu'une mère maltraite son nourrisson parce qu'il refuse de manger? »
11 écrivait aux chrétiens d'Erfurt : « Des gens légers s'imaginent'que ce serait servir la cause de l'Évangile que de prendre l'épée ; ils pensent faire merveille en
injuriant les moines ou en les molestant Satan est
esprit, on ne le combat point par le fer. Il faut lui enlever les cœurs par la Parole de vérité. C'est là votre épée, cette épée par laquelle les amis de Christ vaincront Béhémoth. Il est dit, souvenez-vous-en, que Christ triomphe de l'ennemi par le glaive de sa bouche, y>
Enfin, s'adressant à l'Électeur Frédéric et à son frère le duc Jean, il leur disait, au sujet dé Mûnzer et de ses prophètes : « Laissez, chers seigneurs, un libre cours à la parole. Permettez a nos adversaires de prêcher ce qu'il savent et contre qui ils veulent. Il faut que la Parole de Dieu ait à lutter dans ce monde, et que les vrais croyants s'exercent à la défendre par le seul pouvoir qui lui est inhérent. Lais-
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sezles esprits s*entre-heurter.... Mais si quelquesuns, soit du parti opposé, soit du nôtre, non contents d'user de cette liberté de prédication, allaient recourir à la force matérielle, alors ce serait votre devoir d'y mettre ordre et de dire aux perturbateurs, amis ou ennemis : Nous vous permettons de combattre par la parole, afin que la vraie doctrine subisse l'épreuve ; mais trêve de violence, ou quittez le pays*. »
Ainsi Luther envisage le droit humain. Plus tard hélas î sa vue se troublera ; les considérations utilitaires voileront à ses yeux le noble profil de la liberté; les excès de certains hommes le jetteront dans l'excès contraire ; à mesure que son œuvre allant grandissant ira se corrompant, à mesure que des intérêts politiques en altéreront le caractère, les défaillances générales atteindront Luther. Cet esprit généreux, qui s'indignait à l'idée d'employer, la force pour imposer ou modifier les convictions, acceptera le règlement de la religion par les princes ; ce consciencieux adversaire qui ne voulait pas que les âmes fussent violentées, finira par admettre que l'erreur religieuse peut être châtiée par la loi I
En attendant, Luther tient tête à Carlstadt.
Si par malheur, l'esprit de Carlstadt l'avait emporté sur l'esprit de Luther ; si l'on avait tyrannisé les âmes,
1. Une année auparavant— 15â 3 — Luther avait écrit dans son Traité sur le pouvoir civil : « Le prince qui opprime une croyance religieuse, même erronée, devient responsable de tous les actes de mensonge et d'hypocrisie qu'amènent ses persécutions. L'erreur qu'il veut détruire est un mal moins grave que l'hypocrisie produite par ces violences : Les armes de noire guerre ne sont point charnelles, » — II, Corinth., x, 4.
si la conversion des cœurs avait cédé le pas à la destruction des abus, si l'œuvre enfin s'était bornée à nier et à démolir au lieu de construire et d'affirmer, l'œuvre restait à l'état de réaction vulgaire contre Rome; or les réactions, chacun le sait, ne mènent jamais loin. Luther, en résistant à Caris tadt, maintient à la Réforme son caractère apostolique, son caractère vrai.
Ni lès erreurs, ni les idoles ne manquaient au temps de Pierre, de Jean, de Paul. Que font les envoyés de Jésus-Christ, enfoncent-ils à coups de poing la porte des temples païens? Non, les apôtres établissent la vérité, et devant la vérité, les idoles se sont écroulées comme tombait Dagon devant l'arche de l'ÉterneL
Il n'y a pas d'autre voie, c'est le chemin royal ; on faillit l'abandonner sous l'influence de Carlstadt, mais Dieu aidant, Luther y replaça le char de la Réforme, par un effort de son bras puissant.
Carlstadt, au surplus, n'était pas de taille à se mesurer avec l'œuvre de la Réformation. Il n'avait pas — autant qu'on en peut juger — passé par la terrible fournaise du renouvellement intérieur. La Bible, cette grande découverte de Luther, condamnait les traditions romaines; Carlstadt, semble-t-il, n'alla point au delà de cette condamnation ; il ne demanda rien de plus à la Parole de Dieu. Ne nous étonnons pas dès lors si l'oppositfon, entre Luther et Carlstadt, entre le démolisseur et le bâtisseur, s'accuse toujours plus fortement.
Carlstadt, on peut le dire, a poussé Luther en dse
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erreurs vers lesquelles celui-ci penchait déjà d'instinct. Dans sa haine pour les tendances destructives de Carlstadt, Luther en prit le contre-pied. Gomme Carlstadt rejetait le baptême des enfants, Luther insista sur une sorte d'efficacité baptismale. Comme Carlstadt, armé des Écritures, faisait à tout usage qui ne s^en trouvait pas appuyé, une guerre sans merci, Luther s'ancra de plus en plus dans sa théorie des actes religieux indifférents. Comme Carlstadt niait la présence réelle de Christ dans la cène — ou sacrement — Luther s'éprit, pour la présence réelle, de cette fervente passion à laquelle il doit quelques-uns de ses emportements les plus fâcheux. Carlstadt enfin l'exaspérant par la violence de ses procédés, Luther accepta, s'il ne les provoqua point, des mesures intolérantes contre son intolérant ennemi. Exilé de Wittenjberg , Carlstadt alla partout attaquant l'œuvre du Réformateur et dénonçant ces restes d'erreur qui s'y trouvaient encore engagés.
Deux fois les deux champions des deux esprits se rencontrèrent en champ clos.
La première, c'était à léna. Luther y avait prêché^ prenant à partie, avec son habituelle vigueur, les séditieux qui prétendaient changer la. Réforme en révolution.
Carlstadt se croit accusé; il se déclare .calomnié ; entre Miinzer et lui, rien de commun.
Certes, dans un sens, Carlstadt avait raison; un abîme, en réalité, le séparait du prophète de Zwickau, Cependant, la distinction n'était pas si facile à faire alors qu'elle le semble aujourd'hui. D'un côté, ces hommes qui brisaient les statues, qui lacéraient les
tableaux; de l'autre ces hommes, qui, se disant inspirés du Saint-Esprit, commandaient la révolte pour établir le règne des saints; tous s'unissant dans une haine pareille contre Toeuvre de. Luther; comment s'en tirer?
Luther affirma, loyalement, qu'il n'avait pas entendu désigner Carlstadt.
Mais on se quitta dans des termes de guerre déclarée et de défi.
La seconde rencontre -eut lieu à Orlamunde, nouvelle paroisse de Carlstadt.
Luther était navré. Il avait trouvé partout, sur sa route, des églises jonchées de débris. Ce qu'il y avait en lui d'excellent, et aussi, un peu, ce qu'il y avait d'erroné, souffrait à ces spectacles de destruction. Il arrive ainsi devant les portes d'Orlamunde. Les magistrats accourus au-devant du Témoin s'empressent pour le recevoir avec honneur. Mais Luther courroucé les repousse, pénétrant dans la ville sans vouloir entendre un seul' discours. Un débat public s'ouvre bientôt. Luther condamne avec énergie les sévices exercés contre les objets d'un culte qui n'est plus le sien. Les habitants d'Orlamunde s'irritent, s'emportent, et des huées accompagnent le Réformateur.
Voilà de tristes scènes, Messieurs; ne nous en étonnons pas trop, il ne s'est jamais rien fait de bon sur la terre, sans que des scandales et des scissions n'éclatassent aussitôt. Rappelez-vous la diffusion de l'Évangile, rappelez-vous l'expansion de la liberté! Aimons assez le vrai pour l'accepter avec ses conséquences, même avec ses inconvénients. Je ne connais
pour ma part qu'un moyen de se procurer l'uniformité complète et d'arriver au repos absolu, c'est de supprimer les questions, c'est de remplacer la vie par les rouages, la foi personnelle par les croyances héréditaires, c'est de mécaniser toutes les âmes en un mot, c'est de les désintéresser toutes du salut et de Dieu.
Garlstadt — finissons-en avec lui — chassé des États de l'Électeur, errait de ville en ville. Plus tard, à la sollicitation de Luther, Garlstadt fut rappelé. Éprouvé par de longues misères, ayant traversé des conditions fort diverses, l'agitateur épuisé vint chercher un asile dans le voisinage de son ancien ami. Les déceptions avaient calmé l'esprit de Garlstadt; son existence s'acheva dans l'obscurité.
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