‹ Luther et la réforme au XVIe siècleChapitre 17 sur 50 · Nous sommes en · texte numérisé non relu

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enfin arriver cet étranger, ce barbare, et les cardinaux ne tardèrent pas à regretter Timprudence qu'ils avaient commise en l'élisant. Adrien VI — tel fut le nom qu'il prit — n'était pas homme à plaisanter avec la Réforme, ainsi qu'avait fait son prédécesseur. Il prétendait, d'un côté, réprimer le mouvement par la force — ce n'était pas là ce qui effrayait les cardinaux — de l'autre il voulait réformer l'Église, luimême, positivement; et ici, les cardinaux ne riaient plus.

Après le règne somptueux de Léon X, la ville sainte ne contemplait point sans terreur ce pape austère, pieux, conséquent, dédaigneux des arts, indifférent aux lettres, on ne peut moins Italien, l'opposé d'un Médicis î Saisir la hache, abattre les abus, telle était la préoccupation d'Adrien VI. Il oubliait les racines, fortement plantées dans le sol. .

Il oubliait plus, il méconnaissait la source de toute Béformation : le retour à l'autorité de Dieu, à l'infaillibilité de Dieu, la résurrection de Tâme par le pardon de Dieu, le renouvellement du cœur par l'évangile de Dieu, la sanctification de l'existence par la morale de Dieu.

' Charles-Quint, qui partageait l'illusion de son précepteur, s'imagina toute sa vie qu'en réprimant certains excès, qu'en nettoyant un peu l'Église romaine, qu'en la badigeonnant un peu, qu'en faisant quelques concessions habiles aux réformés — la communion sous lés deux espèces, par exemple — on aurait vite raison de la Réforme et des Réformateurs.

Quoi qu'il en soit, honorons de notre respect le seul pontife qui réellement ait porté la main, pour les

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