‹ Luther et la réforme au XVIe siècleChapitre 3 sur 50 · L'AUBE DU JOUR · texte numérisé non relu

L'AUBE DU JOUR

oc Dieu renouvellera le monde l »

Ce mot de Lefèvre d'Etaples peut seul donner une idée de la révolution colossale dont nous allons nous occuper.

Quelle heure, Messieurs, que celle où l'homme, qui n'a cessé pendant quinze siècles de ^'écarte^ toujours plus de l'Évangile, se retourne soudain, et rebrousse chemin vers l'Évangile l

Ramener les chrétiens à la Parole écrite, au modèle apostolique, c'est, vous le savez, Tunique ambition de Ia Réforme. Elle n'a pas fait d'autres découvertes^ formulé d'autre doctrine, inventé d'autre religion. Par malheur, ce que la Réforme a entrepris,, la Ré*» forme ne l'a pas achevé. Lasse, incertaine, elle s'est arrêtée avant d'avoir retrouvé les traces dès long* temps perdues de l'ÉgUse de Jésus-Christ. 11 reste donc quelque chose à compléter aujourd'hui. Le dix-neuvième siècle achèvera-t-il ce a^e le seizième

à commencé? telle est la question que je pose au début de nos entretiens; nous la résoudrons, je Tespère, d'un même cœur en terminant.

Ainsi doit se clore le vaste circuit qu'on appelle : Histoire de la chrétienté.

S'éloigner des origines, revenir aux origines, toute rbistoire de la chrétienté est là.

Nous en avons étudié les principales époques : d'abord les Apôtres, sitôt suivis, hélas î^par les Pères apostoliques; puis le quatrième siècle et Constantin; puis le moyen âge avec Innocent III.

A chaque pas que nous faisions, nous sentions la nuit, nous sentions le froid nous envahir, tant nous marchions en tournant le dos à Téternel foyer de lumière et de chaleur.

Après avoir contemplé, non sans effroi, les derniers vestiges du christianisme perdus au sein du moyen âge, étouffés sous ces missions armées, sous ces Églises mondaines, sous ces croyances obligatoires, sous ces inquisiteurs, ces prêtres-rois, ces papes saisis du double glaive, souverains des souverains, nous aspirions, vous ne l'avez pas oublié, à un meilleur temps.

Messieurs, ce temps est venu.

Enfin il est donné, le signal du retour vers la patrie! L'exil va finir; le voyage qui nous ramènera chez nous va commencer î C'est la quatrième époque, c'est la sortie d'Egypte, c'est l'Exode du peuple de Dieu I

Mon cœur se dilate à la pensée de traiter un tel 4ujet.

Juger, critiquer, condamner, c'est un devoir ; mais

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