On venait de chanter le choral de Luther
kdt, que décapitait, que noyait, que mutilait Henry III en Angleterre, voilà les vrais représentants de la vraie Réforme, voilà les vrais Réformateurs.
Ils ont erré sur quelques points ; ils n'ont pas su mieux que Luther ressaisir l'Église; profitant du bien immense opéré par Taudacieux pionnier-, ils ont accepté de sa main un peu de mal. Toutefois, leur inviolable obéissance à l'Écriture fait d'eux ses meilleurs soldats.
Ce qui est écrit l ee qm est éerU! Tel est le mot d^rdre que se redisent l'un à l'autre ceux qui meurent pour : ce qui est écrit!
Leur soumission ne choisit pas. Résister sur un point, atténuer un mot de la Parole, se soustmre à l'Éïempte apostolique leur paraîtrait une- monstruo-
Zwin^e appartient à cefux-là. La notkm d'Église lui éctH|>pe/les liens avec Rome lae sont pas tous nHttpus; mais dès qu'il comprend, il obéit. L'ÉcrilïOTfeiait loi; par delà l'Écriture, il n'admet aucune autorité.
Fâfd. appartient à cett^è^^ Brâlknt sçéoimen de rfe^>rit. welcke, gentilhoname da paya de Bayard,. chevalier sans peur et sans* reproeke de la Réforma^ tieB,,Farel a des violeœea que je n'excuse pas; il établit la Réforme en vertu de méthodes qui n'en valant pa& mieux pour être admisee par les contemporakis^. Maifi Fanel ne reconnaissait qu'un, maîtce : lar Patole deMeu, Ce que la' Parole dit, Farel l'aGôon^ p]û»t; ce que le» a^i^tres omt faity il la fera; ce radai chaaipk>n seiale plusr efcéîsBâttt de^âeratettre»
Calvin appartient à ceux-là. Calvin réahse le type achevé d'une Réfoume strictement fiéèle au priaeipe
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rdf osmatsar : àda^Bévétaticm. Il ^rsoimifie le inou* 'vomeiit 'populaire et Tpiefsécuté, deméme^ueLtfther psrsonniie fe»o«vem©îït pi^tégé^ ^national JCfflvm îonnule i^œowe -accomplie par le» martyrs. Il la réidige^4e isa main ^MMsante "^ur^la^France, potrr la Mioitande, pirar TÉooBse, Bn ^boime ^rtre potrr les .<&sid«nts, tes vrais pvotestants «de FÂngteterre, et par eux, pour les États-Unis. Ceci est le ^grand'tsièté !âu îôiejd6*Gak3n;CSalum^ra£ferffii'oe qui fléclmsait, reérosBé ce qui jpenobait; dL^a vernis la Réforme d'aplomb surteabaBe^aiiique : k Pani^e^de (Dieu. ' En louant Calvin, Messieurs, je ne suis «pas sospect. Si Latherme ^séduit, Caim m'attire peu. fiait après rimpulBion donnée par le d^ordant génie de Luther, il -faUatt lUnterveâtion d'un esprit plus iogique etphistserré.jLes deux Réformateurs se corrigent let «e icomplàtatt vils <préiientoitiles deux ^faces Ld'unimème et pncnligieux élan. Le idemier venu saisit onieiix certaines quefttkms, c'est 'son privilège; les •oxpérienoes tde d'autre, pant-ètre ses erreurs hii ont profité. lAppartenant à la BélommvioiefiEvment 'perse* xnitée, plus .nettement >aépafée de Roneifiar oonséquant, plnsKlépenâttatede l'Évangile, «mieux^ Fabn de oertaia^ tesitations, Cahdn :doit aux 'circons- ; JUMUI0B/QÙ. Bieu jlta .mis lune ipanie < de cette reotitude qui parfois dégén^e usn âinefeé. CSalvm, «et c^t ^•a >^oixe, ;iii'flDC0pte — ooaaame ^wh^ — qu'une autorité rJaî^Yàlatiisi. Ne veaezpas hiiparierdes >G0iiti»ies ancienfifis, oiixfces tiaditions^iRtdosdérâioDs de rËglifle,ioutdeB erresfflCB md^iéMenÈm^fm firontrigide et d^oit,>le<pliide8«our(sik, ladlioucfaeiniiiKe etipresque <.Qriapée^)tûUt CAtinlbKihleLpBafikviiUBalitqiferbomQftd
ne faiblira pas. Il est de la Bible, il appartient à la Bible ; puritain si vous voulez, mais solide, car il a mis le pied sur le roc. En toutes questions, la Bible fait loi poui lui ; contre tout assaut violent ou déguisé, il la défendra : « Un chien aboie — écrit-il — s'il voit qu'on assaille son maître. Je serais l?ien lâche si, en voyant la vérité de Dieu ainsi assaillie, je faisais du muet sans sonner mot! »
La vérité de Dieu! voilà le mot de Calvin. C'est celui de Luther, aussi. Luther chérit la vérité de Dieu, il l'aime d'un cœur et plus ardent et plus tendre, mais il en saisit moins bien les traits; il la comprend d'une manière moins précise ; la justification par la foi, les dogmes qui s'y rattachent résument en quelque sorte pour lui la vérité de Dieu. 11 fallait que le protestantisme s'organisât fortement, au nom des Écritures, sans retour possible vers la papauté. Il fallait qu'un esprit net précisât ce qui était demeuré vague; il follait qu'un esprit propagateur généralisât ce qui avait conservé le caractère local. Calvin fut cet esprit. Par son travail de consolidation, il a donné corps aux aspirations purement bibliques de la Réforme persécutée; par son retour vigoureux et définitif aux Écritures, il a, d'un ferme propos, arrêté sur la pente où elle glissait, la Réforme que les princes allemands venaient de prendre aux mains de Luther.
Tout n'est pas bon, tant s'en faut, dans l'œuvre de Calvin. Sous la rectitude on sent la roideur; l'organisateur puissant est volontiers despote, Tétroitesse vient trop souvent gâter le beau travail de la fidélité,
Calvin, qui représentait les Églises opprimée^, n'a guère mieux compris qu'on ne le faisait de son temps
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la distinction des deux domaines. Seulement il a déplacé Terreur, livrant plutôt le temporel à TÉglise que le spirituel à l'État. Voyez, pour vous en convaincre, /e gouvernement théocratique jpis en vigueur à Genève par le réformateur français. Peut-on du reste, dans les temps modernes, livrer le temporel à rÉglise sans livrer bientôt le spirituel à l'État? Quoi qu'il en soit, la confusion ne vaudra jamais rien.
Calvin le devinait comme Luther; il récrivait même ; et puis, emporté par l'invincible pouvoir des faux principes d'Église, il confondait ce qu'il avait distingué, poussant en France les réformés à en appeler aux princes, et propageant ainsi des maximes d'où devait sortir un jour la guerre de religion.
Laissons les docteurs! Revenons à l'humble Réforme qui s'accomplit sans les docteurs, malgré les docteurs, à la Réforme souffrante, à celle qui reçut de rÉglise apostolique les bonnes armes : le martyre et la fidélité.
Les Français persécutés, les Anglais dissidents, les émigrants américains, les bûchers et le bourreau, voilà ce qui a sauvé la Réformation.
On regrette parfois que la Réforme n'ait pas pris possession de la France ! Si cette prise de possession s'était effectuée avec le caractère qu'elles revêtaient toutes alors, l'élément vital qui seul conservait l'œuvre commune aurait péri.
Des migUcanismes partout, tel eût été le résultat d'un pareil triomphe ; et ces anglicanismes, ne ren-
contrant nulle part le contre-poids de la tendance opposée, seraient descendus au plus bas.
Mais le nationalisme allemand, mais le nationalisme anglais ont vu se développer, chez ces réformateurs martyrs dont les noms ne sont guère écrits que dans les cieux, le germe énergique des convictions individuelles, le principe même de l'Église que nous avons à fonder. Le spectacle n'a pas été perdu, tenez-le pour certain.
Ces petits et ces obscurs ont fortifié, maintenu, purifié la Réforme de Luther; ils entremis au jour la règle suprême : l'autorité de la Parole de Dieu ; ils ont foulé aux pieds la théorie des erreurs indifférentes \ ils ont supprimé les cérémonies, les traditions, le bagage romain, ramenant 'e culte à la simplicité, des temps apostoliques ; ^nfin ils ont glorifié la Réformation, en montrant de quel air elle sait souffrir î
Des érudits se sotit demandé quels avaient été les Réformateurs de la France ?
Eh! Messieurs, ne ckerchons pas tant! — Les Réformateurs! assurément ce ne sont ni les savants, ni les mystiques, ni les penseurs : ce sont les pauvres et les martyrs.
Ne me donnez pas Lefèvre d'Etaples pour un réformateur, encore moins Gérard Roussel, ou l'évêque Briçonnet, ou la princesse Marguerite; au milieu de leurs élans pieux et de leur mystique adoration, je ne retrouve pas la foi simple et forte qui caractérise les vrais témoins. Ces vies-là, si prudentes et parfois si prospères, ne sont pas celles des soldats de Jésus- Christ. On meurt, et ils ne meurent point ; on monte
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au bûcher, et ils prient en lieu sûr ou bien ils trônent dans un palais épiscopal.
Soyez tranquilles d'ailleurs, François l" acceptera tant que vous voudrez les Gérard Roussel et les Lefèyre, tout comme Henry VIII acceptera les Cranmer. Avec eux, le roi de France fera volontiers campagne contre les abus de Rome et l'ignorance des couvents. S'il ne s'agit que de chanter les psaumes, la cour en prendra son parti. Un moyen terme aboutissante quelque catholicisme réformé, à quelque gallicanisme nati&nal, nul ne s'en épouvantera.
Mais attendez. Voici venir les vrais réformateurs : un Jacques Pavannes, un Leclerc, des pasteurs sans études, des faiseurs de tentes, qui prennent la Bible au sérieuix, qui parlent de conversion, de sanctification, qui répudient les inventions humaines, qui, in&truits par Luther et dépassant leur maître, condamnent hardiment ce que la Révélation n*affirme pas. En présence de cette œuvre, la plus démocratique depuis le temps des apôtres; en face de ces luthé' rienSy comme on les appelle, la réformation de cour s'évanouit pour faire place aux emportements de la plus violente répulsion.
Alors, M.essieurs, apparaît l'implacable ennemi de 1^ Réforme en France : le peuple de la ligue, ligueur avant la ligue; celui qui s'est toujours passionné contre la Parole de I>ieu ; celui qui a plus allumé de bûchers, celui qui a plus commandé de massacres que François P% Henry II ou Charles IX.
La Réforme anonyme et douloureuse confessait Jésus en d'autres Heux.
Les Pays-Bas méritent une noble mention. Vous
364 LUTHER ET LA RÉFORME AU XVl« SIÈCLE
connaissez les décrets de Charles-Quint. Philippe II et le duc d'Albe sont parvenus à en dépasser Tatrocité.
Mais si Fon veut retrouver les éléments vraiment réformateurs sans lesquels Toeuvre de Luther se serait peut-être évanouie, il faut les demandera l'Angleterre, à ses LoUards d'abord, antérieurs au coup d'État d'Henry VIII, puis à ses Non-conformistes et à ses Dissidents.
Par les persécutés de France, par les persécutés d'Angleterre, de fortes races entraient, comme des coins de fer, dans la société vermoulue qu'elles devaient raffermir.
Les réformés français n'étaient pas sans défauts. Us acceptaient trop aisément l'organisation peu scripturaire encore et les intolérantes maximes de Calvin; poussés à bout ils ont saisi le glaive, eux aussi ; mais quels caractères! Écoutez la mère de Leclerc, s'écriant à l'heure même où l'on torture son fils : « Vive Jésus- Christ et ses enseignes I » Il y a là plus d'énergie que de tendresse ; mais qui sait si le cœur, près de défaillir, ne demandait point secours à l'héroïsme de la foi !
Les puritains ont été violents, formalistes, souvent sectaires, presque toujours ennemis de la littérature, des arts, de tout délassement. Rigides et tendus, ces austères donnent le frisson. Et pourtant il faut les admirer, et l'on finit par les aimer. Oui, l'on aime ces âmes solidement trempées, ces hommes décidés qui ne regardent pas en arrière, ces grandes in dividuaUtés dont les défauts même ne présentent rien de trivial.
L'individu, voilà, ce qu'ils ont retrouvé. Le droit, le devoir de se déterminer soi-même, voilà ce que montre leur intrépidité, qui tantôt fait face aux catho-
liques, tantôt résiste aux protestants. Par eux, des Égl'.ses fondées sur l'adhésion personnelle, étrangères à rtiérédité, se sont formées sous le feu de la persécution. Si l'Angleterre, si les États-Unis ont saisi la solution d'un problème qui laisse nos vieilles sociétés encore hésitantes ; si dans les deux pays, l'Église apostolique, féconde, puissante en œuvres, prouve chaque jour la vérité du principe que notre vieille Réforme considère encore en tremblant ; s'il y a chez nous un réveil; si chez nous de libres assemblées, réunion des vrais croyants, commencent à se lever ; si la jeune Réforme, la Réforme du dix-neuvième siècle naît à la vie; si elle promet de redresser l'œuvre de sa devancière et de la compléter; c'est aux puritains qu'on le doit. Tandis que l'Allemagne restait plongée dans la langueur, tandis que les réformés de l'école française, mal dégagés de l'esprit païen, conservaient les catéchuménats et la religion héréditaire, cette fraîche haleine venue d'Occident passait sur l'Europe engourdie et secouait sa torpeur.
Ainsi Tarmée des travailleurs destinée à réparer les brèches du présent tient en réserve les ressources de l'avenir. Dieu qui mène son œuvre l'accomplit par des hommes imparfaits; l'œuvre semble à chaque instant compromise; attendez! d'autres hommes, non moins imparfaits, arriveront, qui apporteront leur part de vérité. D'ouvriers en ouvriers, de Réforme en Réforme, sans cesse ramenés à l'Écriture, chaque phalange de bâtisseurs serrant de plus près la Parole de Dieu, nous parviendrons un jour à fonder la vérité sur l'Église, seule base capable de porter la vérité.
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LE GULTÈ
Messieurs, je n'ai pas ménagé la Réforme ; je vous ai raconté ses erreurs. Un devoir plus doux est devant moi; il me reste à vous montrer le bien qu'elle a fait.
Avant tout, elle a rétabli le culte en esprit et en vérité.
Ce n'est pas peu de chose. L'homme naturel n'en veut pas. Il accumulera les cérémonies, pourvu qu'on le dispense d'adorer; il récitera des prières en latin, pourvu qu'on le dispense des prières du cœur ; il aura des légions de prêtres attachés au service de Dieu, pourvu qu'on le dispense de rencontrer Dieu ; il multipliera les pratiques, pourvu qu'on le dispense d'obéir ; il mettra la sainteté partout, pourvu qu'on le dispense de l'avoir chez lui. L'Évangile, qui nous appelle à comprendre, à demander, à recevoir, lui est particulièrement suspect.
Et cela est si vrai, que nous, réformés, nous avons