SON NOVICIAT ET SON « PRECEPTEUR
général toute vertu n'est possible qu'avec la prudence*.
En outre, s'il est une époque où Luther ne fut pas abandonné à lui-même, c'est bien dans les années qui suivirent son entrée au couvent. Après la vêture, il fut, suivant les prescriptions de la Règle, placé sous la surveillance du maître des novices, dont il dépendait en toutes choses et surtout en ce qui regardait les œuvres de pénitence 2. Parlant de la discrétion avec laquelle il faut savoir les pratiquer, saint Bernard n'avait-il pas dit : « Puisque sur la terre cet oiseau est si rare, que la vertu d'obéissance supplée chez vous, mes chers frères, celle de discrétion, en sorte que vous ne fassiez ni plus ni moins ni autre chose que ce qui vous est prescrit 3 ». Quelques pages plus haut, nous avons entendu Gerson répéter cette maxime, et elle était un principe fondamental dans les communautés religieuses4.
Ainsi donc, pendant son noviciat, Luther eut à obéir au maître des novices, au « précepteur », comme on l'appelait encore. Peut-être eut-il le malheur d'avoir affaire à un maître absolument inexpérimenté, jeune,