‹ Luther et le luthéranisme; étude faite d'après les sourcesChapitre 199 sur 283 · Enarrat. in psalm. 51 (Opp. excg. lat, XIX, 35)(i53a · texte numérisé non relu

Enarrat. in psalm. 51 (Opp. excg. lat, XIX, 35)(i53a

2. Répons de l'office de matines dans la première semaine de Carême, en usage chez les Augustins au temps de Luther : « Tribularer si nescirem misericordias tuas Domine; tu dixisti : nolo mortem peccatoris, sed ut magis convertatur et vivat, qui Cananaeam et publicanum vocasti ad pœnitentiam ». C'est là une consolation pour le cœur; aussi, immédiatement après, on lit ce verset : « Secundum multitudinem dolorum meorum in corde meo, consolationes tue letificaverunt animam meam ». Bréviaire, fol. gG. Déjà Hugues de S4 Cueii se réfère à ce répons, que l'on trouvait dans tous les bréviaires de l'époque, lorsque à propos du verset 8 du psaume 84 (Ostende nobis Domine misericordiam tuam), il écrit : « i. e. fac nos perfecte cognoscere magnam misericordiam tuam, ut non pro peccatis desperemus, sed in misericordia speremus... Unde cantat Ecclesia in Quadragesima : « Tribularer si nescirem » etc. In Psalmos, Venetiis 1703, fol. 223".

3/jO LES PRIÈRES DE l/ÉGLlSÊ

peste1, ainsi que dans la bénédiction des cendres le mercredi des cendres ; dans cette bénédiction, il avait comme prêtre à réciter la prière suivante : « Dieu tout-puissant et éternel, pardonne à ceux qui se repentent, sois propice à ceux qui te supplient. » Simple clerc, il avait, à ce moment, chanté le verset: « Exauce-nous Seigneur, car ta miséricorde est compatissante ; selon la multitude de tes miséricordes, jette un regard sur nous, Seigneur »2.

Devenu prêtre, il exprimait cette pensée d'une manière plus significative encore à la fin du Canon de la messe basse3 : « A nous aussi pécheurs qui sommes tes serviteurs, qui avons confiance dans la multitude de tes miséricordes, daigne accorder le céleste héritage dans la société de tes saints apôtres et martyrs ». N'est-ce pas là la vraie théologie, d'après laquelle le pécheur qui reconnaît son indignité invoque non un Dieu irrité, mais ce vrai Dieu « dont le propre est d'avoir toujours pitié de nous et de nous pardonner toujours »4 ; ce Dieu « qui commande aux pécheurs de le prier » 5, qui ne repousse personne, pas même les pécheurs6, puisque en tant que « dispensateur du

i . Pro amico peccatore : — Pro quacunque tribulations : — Pro mortalitate et peste.

a. Missel, fol. 2ob-2i.

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