L EGLISE NOUS MENE À ÎHÈU
la foi, la grâce et l'union avec Jésus-Christ. Tu diras donc : « Seigneur Dieu, viens à mon aide ». Car cette prière est un bouclier, une flèche, un éclair et une protection contre tout assaut de la crainte, de la présomption, de la tiédeur et de la (fausse) sécurité, etc., défauts qui dominent surtout de nos jours » *. Qui croirait que celui qui écrit ces paroles d'or en faveur de l'Église est le même qui plus tard, inlassablement et toujours davantage, reprochera à cette Église de n'avoir rien su de Dieu ni du Christ, de n'avoir regardé Dieu que comme un juge sévère et irrité, qu'il faudrait apaiser par nos œuvres et nos mortifications, etc.. ? De fait, en un sens il était devenu un autre homme, un homme qui ne reculait devant aucun moyen pour calomnier l'Église, et la faire haïr, afin de faire valoir ainsi sa propre doctrine !
Dans ce qui précède, l'Église nous a inculqué cette conviction que, sans doute, nos ennemis sont puissants, mais que Dieu est plus puissant encore, et que c'est de lui seul qu'elle attend le salut 2. Aussi elle dit à la fin des psaumes de la pénitence, que du temps de
i. Weim., III, M6-M7. Je me contente de transcrire ici le commencement du texte latin : « Unde omnibus sacerdotibus commendandus est psalmus iste, cujus principium tam fréquenter diu nocteque volvunt, ut non tam frigide et perfunctorie ipsum demurmurent, sed tota intentione Ecclesiam Dei in ista oratione juvent. Quoniam si Ecclesia adjuta fuerit, nos quoque salvi crimus, cum ipsa sit gallina nostra, nos pulli ejus. Non enim frustra Spiritus S. sic ordinavit in omni hora pro principio hoc principium hujus psalmi ».
3. Collecte du lundi après le III* dimanche de Carême : « Subveniat nobis Domine misericordia tua, ut... te mereamur protegente eripi, te libérante salvari ». Bréviaire, fol. io5. Voir en outre l'oraison du premier dimanche de l'A vent. Missel, fol. i«
352 LES PRIÈBES DE i/ÉGLISE
Luther on récitait si souvent avec les Litanies des Saints : « Sois-nous, Seigneur, une forteresse inexpugnable contre nos ennemis i ; » et, comme Luther vient de le dire clairement, les plus redoutables sont au dedans de nous-mêmes. C'est encore en pensant à ces ennemis que, dans l'hymne des vêpres du vendredi, l'Église demande à Dieu de vouloir bien dans sa bonté chasser de nos cœurs tout ce qui se mêle d'impur dans notre conduite et dans nos actions 2; dans l'hymne des vêpres du mardi, de vouloir bien avec la rosée de sa grâce purifier les blessures brûlantes de notre âme, afin que par les larmes, c'est-à-dire, par le repentir, nous réparions nos fautes et domptions nos mouvements dépravés 3. L'Église a la ferme confiance que Dieu nous viendra en aide, précisément parce qu'il a envoyé son Fils en ce monde pour notre salut, afin qu'en s abaissant jusqu'à nous il nous fît remonter jusqu'à Dieu *.
L'Église attend tout de Dieu, et cela, grâce aux mérites de Jésus-Christ et par la vertu de sa passion.
i. « Esto nobis, Domine, turris fortitudinis ». Bréviaire, fol. 433\ 2. Repelle a servis tuis,
Quidquid per immunditiam Aut moribus se suggerit A.ut actibus se interserit.
Mentis perusta vulnera .Munda virore gratiae, Ut faeta ûetu diluât, Motusque pravos atterat.
Bréviaire, f. 267b.
Bréviaire, f. 263.
li. Oraison de la bénédiction d«s rameaux ; « Deus, qui filium tuum... pro salute nostra in hune mundum misisti, ut se humiliaret ad nos, et nos revocaret ad te »... Missel, fol. 6o.