‹ Luther et le luthéranisme; étude faite d'après les sourcesChapitre 215 sur 283 · LE POINT DE DÉPART DE LUTHER · texte numérisé non relu

LE POINT DE DÉPART DE LUTHER

l'historien pourra ainsi être juste envers la réalité et la vérité, sans toutefois être injuste à l'endroit de Luther. Il pourra appliquer une critique sûre à ses confidences au sujet de la cause originelle de sa chutet à ses déclarations sur la culpabilité de l'Eglise et à ses déclamations sur ses droits à lui. La connaissance du moment précis où Luther a fait le pas décisif, pas dont tous les autres furent la conséquence jusqu'au jour de sa rupture définitive avec l'Eglise, cette connaissance servira très souvent de critérium à un historien critique et loyal pour résoudre des questions importantes et fixer des périodes dans l'évolution intellectuelle du Réformateur.

Or, ni sur la genèse de la chute de Luther, ni sur l'époque où elle s'est produite, les théologiens protestants ne sont encore parvenus à l'ombre d'une précision. Tout ce qu'ils nous disent à ce sujet est faux ou confus. Il ne pouvait en être autrement, pour la simple raison qu'ils ajoutent foi à toutes ses affirmations ultérieures. Tout ce que plus tard il a dit de sa vie d'autrefois est entassé pêle-mêle, sans la moindre constatation d'une évolution psychologique. Ces théologiens se mettent à la lecture des œuvres de Luther avec des idées fixes, idées qu'ils se sont forgées eux-mêmes ou qu'on leur a insufflées, et qui sont monnaie courante chez les protestants. Personne ne travaille avec plus de préjugés que les théologiens protestants. Si une bonne fois ils avaient lu sans parti pris les œuvres du Réformateur, (à supposer qu'ils les aient jamais lues, car un grand nombre se contentent d'emprunter leurs citations à des biographies ou autres études), il n'est pas

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