‹ Luther et le luthéranisme; étude faite d'après les sourcesChapitre 218 sur 283 · INCERTITUDES DES THÉOLOGIENS PROTESTANTS · texte numérisé non relu

INCERTITUDES DES THÉOLOGIENS PROTESTANTS

lation de l'âme de Luther, causée par la peur d'un juge irrité, que cette désolation que les théologiens protestants prennent comme premier point de départ1 n'est pas de nature à conduire à la théorie de la justification par la foi ou de la justice imputative comme moyen de salut ou de délivrance. Dans cette désolation, en effet, le centre autour duquel tout gravite c'est toujours le juge irrité, le juge qui punit, ou plutôt, le juge qui punit le mal et qui récompense le bien. Cette pensée est exprimée dans l'Evangile et dans les Epîtres aussi bien que dans l'Ancien Testament ; elle y est, aujourd'hui comme hier. Or, la thèse, ou si l'on préfère, la conscience de la justice imputative du Christ supprimet-elle ce Dieu sévère et vengeur ? A quoi sert de savoir que dans le texte de l'Epître aux Romains, ainsi que dans beaucoup d'autres passages de l'Ecriture, la « justice de Dieu » ne signifie pas l'attribut qui porte Dieu à récompenser les bons et à punir les méchants, mais la justification qu'il impute à l'homme, à celui qui croit, comme le dit Luther, qu'à cause du Christ, Dieu lui est miséricordieux ? Cette connaissance le laisse au point où il était auparavant. Le verset 17 du chapitre I de l'Epître aux Romains n'infirme en rien le verset 10 du chapitre XIV de la même Epître : « Nous paraîtrons tous devant le tribunal du Christ ». A quelle fin ? « Afin que chacun reçoive ce qu'il a mérité, selon le bien ou le mal qu'il aura fait2 », car « le Christ a été

1. De fait, en partant de l'impossibilité d'accomplir la loi» Luther a été porté d'abord a redouter Dieu comme un tyran. Voir, ci-après, ch. V, S 5 et 6.

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