‹ Luther et le luthéranisme; étude faite d'après les sourcesChapitre 219 sur 283 · II Cor., V, io · texte numérisé non relu

II Cor., V, io

LES DIRES DE LUTHER APRES l53o 375

établi par Dieu juge des vivants et des morts i ». Nous savons donc qu'il faut avoir « la crainte du Seigneur2 ». 11 est « le juste juge3 ». En i5i6, alors qu'il avait déjà exposé la doctrine de la justice imputative du Christ, Luther lui-même donnait au verset : « Nous paraîtrons tous devant le tribunal du Christ », cette explication : « Parce que nous devons tous y être jugés* ». Si l'on fait le mal, Dieu reste donc toujours un juge irrité.

Les théologiens protestants n'ont pas vu que les confidences postérieures de Luther sur sa jeunesse inquiète et désespérée, sur les causes et la guérison de cet état reflètent en partie les idées qui le préoccupaient à l'époque où il parlait. La plupart de ces confidences se trouvent dans les Propos de Table; or, ils ont été rédigés par d'autres, après l'époque où ils ont été tenus, et ils contiennent des interpolations. D'autres confidences viennent d'écrits personnels, postérieurs à i53o. Deux motifs nous obligent à les contrôler : depuis sa chute, Luther vivait déjà en délicatesse avec la vérité ; et ce fut bien plus le cas encore dans cette nouvelle période : à cause notamment de ce qui s'était passé à la diète d'Augsbourg, il était plus que jamais rempli d'amertume et de haine contre l'Eglise.

Deux de ses ouvrages doivent tout d'abord fixer ici notre attention : la Brève réponse au dernier livre du

l. Act. Ap., X, h»

a. II Cor., V, ii.

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