Ci-après, p. 455, n. a
péché originel subsiste lui aussi, et aussi longtemps qu'elle. Dès lors, il ne peut plus être question d'une justification intérieure ; l'infusion de la grâce sanctifiante et l'expulsion du péché dans l'acte de justification n'ont plus de sens. Voilà pourquoi, vers la fin de i5i5, Luther prononce ces mots si importants et si peu cités jusqu'ici parce qu'on ne les comprenait pas : la thèse des théologiens, qu « au moment où le péché est complètement effacé, la grâce est complètement infusée dans l'âme », cette thèse ne peut que pousser au désespoir et bouleverser une conscience malheureuse ; quant à lui, elle l'a porté à désespérer presque de Dieu, de tout ce que Dieu est et de tout ce qu'il possède1.
i. Dans le sermon du 27 décembre ioi5, sermon que comme le précédent pour le jour de S* Etienne (Weim., I, 30-37), Kôstlin et l'édition de Weimar (I, 37; IV, 659) rapportent à i5i4. Ces deux sermons pour le temps de Noël, les seuls dont il s'agit ici appartiennent plutôt à idi5 qu'ài5i/l(c'-dessus, p. 382): ils me semblent supposer le Commentaire sur l'Epître aux Romains. J'avoue toutefois qu'avant la découverte de cette nouvelle source, l'opinion de Koestlin pouvait se soutenir. La phrase citée dans texte se trouve dans Weim., I, 43, 7 ; IV, 665, 17. Pour les corrections à y apporter, voir 1" édit. p. 3i-32. Pour l'enchaînement de cette phrase avec le contexte, voir notre texte ci dessus et la note suivante.
[Gomme on l'a vu, t. I, p. xiv, xxxvni, les pp. 29-54 de la 1" édition, qui sont une critique de l'édition de Weimar, n'ont pas été reproduites dans la seconde. Voici, en résumé, le passage auquel Denifle renvoie ici. D'après KaAverau, Luther a dit : « Ego optimorum theologorum cum philosophis de instantanea infusione gratiae et expulsione peccati intellexi dicta, scilicet quod »... (Weim., IV, 665, i5). D'après Denifle, on doit lire : « Ego autem optimus theologus cum philosophus de instantanea », etc. La difficulté vient de l'altération des deux textes dans lequel ce sermon nous a été conservé : il porte : « Optimus theologus cum phoro ». D'après Denifle ce « phoro » vient d'une mauvaise lecture de l'abréviation du mot « philosophus ». [N. d. T.],