‹ Luther et le luthéranisme; étude faite d'après les sourcesChapitre 236 sur 283 · Voir, ci-dessus, t. I, p. lai-iaa ; 373 ; 337-839, etc · texte numérisé non relu

Voir, ci-dessus, t. I, p. lai-iaa ; 373 ; 337-839, etc

4l6 LA CORRUPTION DE LA VOLONTÉ d' APRES LUTHER

Celte manière de voir, confuse et irrationnelle 4, nous révèle l'état d'âme de Luther avant son égarement complet. Si l'on veut bien se rappeler ce que nous disions au début du paragraphe précédent, en ne nous appuyant que sur les sources connues jusqu'ici, on verra une fois de plus que Luther ne connaissait d'autre pratique de la vertu, d'autre a justice personnelle », que celle où l'orgueil, la confiance en ses propres forces, et non l'humilité et le recours à la grâce et à l'assistance de Dieu, jouent le principal rôle. Plus il avançait dans cette singulière pratique de la vertu, plus aussi croissait son indomptable concupiscence, que nous décèlent plusieurs symptômes dès le début du Commentaire sur VEpître aux Romains.

On peut remarquer notamment l'insistance avec laquelle il parle de l'impuissance morale de l'homme, ce qui concorde parfaitement avec la seconde partie de ses Dictées sur le Psautier, bien que lui-même du reste il ne fasse pas ce rapprochement : pour lui, non seulement la volonté se porte facilement au mal et difficilement au bien, mais elle lutte contre la loi et contre le bien ; aussi, le plus souvent c'est le mal qu'elle choisit; bien plus, dans les bonnes actions, c'est elle-même qu'elle recherche, elle se considère comme le seul

i. C'est dans le même ordre d'idées que se meut aussi Staupitz lorsqu'en i5i8 il écrit : « Plût à Dieu que l'on eût perdu tous les livres où les hommes nous ont enseigné la pratique des vertus, et que l'on n'eût trouvé que la charité ; chacun alors ferait ce qu'il doit » (Joh. Staupitii opéra, éd. Knaake, p. 108). Mais l'un n'empêche pas l'autre. C'est de cette confusion dans les pensées que vient cette autre phrase de Staupitz : « Voilà les fictions impies des vertus morales » I

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