Voir, ci-après, chap. IV, S 3, IV
!\. Voir ci-dessus, p. 87. C'est ce qu'a parfaitement compris un théologien protestant, Jean Tobic Beck (1 804-1878) : cette doctrine,
était nécessaire dès l'instant où Luther émit là thèse fatale : La concupiscence n'est que le péché originel ; — et comme conséquence : Le péché demeure aussi longtemps que la concupiscence, c'est-à-dire jusqu'à la mort.
Par là, Luther ruine l'antique notion catholique d'une justification qui nous rend justes. En fait, nous sommes pécheurs, justes seulement en espérance, ainsi qu'il est obligé de s'exprimer. Nous ne sommes donc pas (.(justifiés)}, mais « à justifier i ». Etant donné le système erroné qu'il s'était construit, il ne pouvait pas parler autrement. A cette époque toutefois, il ne s'est nullement aperçu qu'il se mettait en contradiction absolue avec la doctrine catholique2.
dit-il, est une abomination devant Dieu, parce qu'il est immoral de déclarer morale une chose qui ne l'est pas. Erkldrung des Brie/es an die Borner, I (188/i), p. 292. En dehors de son état d'âme, Luther fut amené à sa théorie par les idées d'OccAM et, d'une manière générale, des nominalistes sur 1' « acceptation divine de puissance absolue » (acceptatio divina de potentia absolutd), et l'inutilité des vertus infuses surnaturelles (habitas supernaturales). Sur cette influence, voir, ci-après, ch. IV, § k.