‹ Luther et le luthéranisme; étude faite d'après les sourcesChapitre 259 sur 283 · CONTRADICTIONS · texte numérisé non relu

CONTRADICTIONS

raître ici, et au sujet de l'acte de justification, « ce mérite de convenance » *, que Luther a proscrit. Plus tard, il en fera lui-même inconsciemment l'aveu : « Si Dieu entend le pécheur avouer ses fautes, il se sent poussé à être fidèle, à lui tenir la promesse de lui remettre ses péchés2. » Puis Dieu dit au pécheur: « Tu dois être juste, car je ne puis souffrir de ne pas te justifier, etc.. » Sans doute, cette contradiction semblera s'atténuer lorsque Luther affirmera que c'est Dieu qui, dans la volonté serve, excite la foi, la confiance. Mais nous verrons3 que ce n'est là qu'une pure feinte, feinte qui n'exista même pas dès le début.

Rien d'étonnant qu'il n'ait pas remarqué la contradiction qu'enferme l'assertion : on esta la fois juste et injuste ! Qu'on ne prétexte pas qu'il s'agit de points de vue différents : car quoi qu'on fasse, il restera toujours cette idée : Dieu déclare juste quelqu'un qui ne l'est pas, il regarde comme juste celui qui est encore en état de péché. C'est là une contradiction absolue, doublée d'une immoralité*. Mais cette contradiction

i. Meritum de Congruo.

a. In I Johann. (1627), Weim., XX, 626, 12 (sur le ch. I, v. g) : « Tum est mihi Deus in corde, quando prostratus coram eo non invenio in me bonum, justitiam. Si audit Deus peccatorem confitcntem peccata sua, Me (peccalor) permovit Deum, ut sit fidelis, ut servet ei promissionem, remissioncm peccatorum, et deinde debes esse justus (fait-il dire à Dieu), quia non possum pati quin te rejustificem ; tu me justificas contra... Justus es et vives quia confessus peccata, ideo per Dei fidelitatera et justiciam remissa. » Dans le Cod. Pal. i8a5, fol. i48, l'idée n'est pas aussi fortement exprimée ; l'aveu est cependant toujours suivi de la justification.

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