‹ Luther et le luthéranisme; étude faite d'après les sourcesChapitre 271 sur 283 · LES SAINTES FEMMES · texte numérisé non relu

LES SAINTES FEMMES

depuis lors. Mais de sa haute autorité, Benoît XIV confirme que ce n'est là qu'un fait bizarre, qui n'a rien d'une loi.

La meilleure preuve que ce ri est pas là une loi, c'est que dans son ouvrage Benoît XIV détaille sur quoi devra porter spécialement l'enquête, quand on étudiera la cause d'une femme mariée : rapports avec le mari, éducation des enfants, tenue delà maison, etc. 4. Ainsi, l'enquête canonique porte sur la vie dans le mariage, et l'on ne s'y inquiète nullement de savoir si oui ou non le mari est mort avant sa femme.

Remarquons aussi que des hommes morts en l'état du mariage ont été canonisés, par exemple, saint Louis, roi de France. Or, à ce point de vue, la situation est la même entre les deux époux ; l'Eglise n'a jamais estimé que de par le mariage la femme fût dans une situation inférieure à l'homme2.

Enfin, en ce moment, il y a pendantes en cour de Rome deux causes de béatification de femmes mariées

i. Même, chapitre 87, n° 10. (Edition citée, t. III, p. kkk) : « Succedunt (virginibus) conjugati : et prœtermissa quidem virginitate in matrimonio servata, de quo alibi dictum est, saepe citatus Scacchus (sect. 6, cap. 6) sapienter monet, in Dei servis conjugatis, de quorum agitur Canonizatione, specialiter esse inquirendum, quo studio familiam in Dei timoré educaverint, uxorem videlicet, liberos, et reliquos domeslicos, si quos habuorint... In eo autem quod attinet ad mulieres conjugatas, subjicit idem Scacchus, specialia sanctitatis argumenta desumenda esse ex virtute mansuetudinis erga maritum... ex cultu religionis atque piis exerritationibus, in his qux viro quantum adjura matrimonii non officiunt ; » etc.

2. Nous devons un grand nombre de ces renseignements à l'amabilité de M. l'abbé Villien, professeur de Droit canonique à la Faculté de théologie catholique de Paris.

Page 1