L EGLISE ET LE MARIAGE
apostasie pouvait-il soutenir que désormais seulement, c'esl-à-Hire grâce à lui, on savait « que si un homme et uno femme vivaient en paix dans le mariage, c'était un bon el saint état * ». Dans son manuel de théologie, les Sentences de Pierre Lombard, il avait déjà lu autrefois quel'étatdu mariage était « bon », non seulement parce que Dieu l'avait institué, mais aussi parce que le Christ avait assisté aux noces de Cana et qu'en y opérant un miracle, il avait recommandé le mariage ; parce que, en outre, dans la suite, il avait défendu à l'homme d'abandonner sa femme, en dehors du cas d'adultère 2.
Les époux eux-mêmes pouvaient dire à Luther qu'à la bénédiction de leur mariage, aussitôt après le commencement de la cérémonie, ils avaient entendu leur curé leur dire en allemand ces paroles au nom de l'Kglise : « Afin d'entrer avec plus de confiance dans ce saint état, et de vous y maintenir avec la convenance voulue, vous devez vous rappeler que le mariage n'est
(Mign'e, Pal. L, t. 74, c. iai3 et suiv. ; voir à ce sujet U. Chevalier, Sacramentaire et martyrologe de l'abbaye de S.-Remy, Paris, 1900, p. 354-355) est des plus anciennes ; non moins que la messe déjà citée, elle réfute les mensonges de Luther. Au temps même de Luther, il y avait, selon les diocèses, différentes messes de mariage : voir, par exemple, le Matinale curatorum sec. usum eccles. Rosckilden. (éd. J. Freisen, Paderborn, 1898, d'après une édition de i5i3), p. 18 et suiv. ; le liber Ageniorum eccles. et dioc. Slcszioicens. (Ed. J. Freisen, inid., d'après une édition de i5ia), p. 65 et suiv. Dans toutes ces messes, l'on trouve les belles prières sur l'époux et sur l'épouse, rapportées à la note précédente.