L ÉGLISE ET LE MARIAGE
du sacrement de mariage1, de l'éducation des enfants, de la vie de famille, etc. Luther lui-même suivit la coutume de ces prédicateurs. Or, ni dans tout le xv° siècle, ni au commencement du xvr% il ne s'en trouve un seul dont le langage puisse quelque peu justifier l'affirmation de Luther après son apostasie, que dans l'Eglise le mariage était condamné comme un genre de vie coupable et illicite. Au contraire, en se référant au vénérable Bède, ils estimaient qu'en opérant son premier miracle aux noces de Cana, Jésus- Christ avait condamné les futurs hérétiques adversaires du mariage, tels que les Tatianistes et les Marcionistes2.
Les innombrables prédicateurs du moyen âge célèbrent tous la dignité et la sainteté du sacrement de mariage. Comme la place me manque, je ne puis que brièvement (et surtout en note) en signaler quelquesuns. Plusieurs parlent de l'ordre du mariage. Ainsi,
i. A ce point de vue, il est intéressant de lire le sermon de Radulphus Ardens sur cet évangile (du xie siècle). Dans Migne, Patr. L, t. i55, c. 174a. Voir par exemple c. 17/43 : « Quid estconjugium ? Légitima conjunctio maris et feminœ, individuam vitae consuetudinem retinens. Si igitur conjugium legitimum est, utique bonum est. Quœ sunt bona conjugii? Tria, fides scil., sacramentum et proies ». Et c. 17M : « Accessuri igitur sponsus et sponsa ad sacramentum nuptiarum debent de praeteritis pœnitere excessibus, et peccata sua confiteri. Non enim potest novam vitam inchoare, qui veterem non deponit hominem. Nec potest recipere benedictionem, qui in corde suo réservât iniquitatem », etc.
a. Johanhes de Turrecremata, Quœstiones evangeliorum tam de temporequam de Sanctis (édition n. i5-7i3 de Haih), a sur ce point de très belles considérations, précisément à propos de l'évangile de ce dimanche.