SERMONS SUR LE MARIAGE
déjà au xme siècle, Berthold de Ratisbonne : « Dieu, dit-il, a sanctifié le saint mariage plus que tout ordre au monde ; plus que les frères déchaussés, les frères prêcheurs ou les moines gris, qui sur un point ne peuvent se comparer au saint mariage : l'on ne peut se passer de cet ordre; Dieu l'a donc commandé; pour les autres ordres, il les a seulement conseillés, » etc. 4. Quelques prédicateurs, comme le dominicain Pérégrin (xme-xive siècles), disent que les époux sont heureux2 parce qu'ils « ont pour abbé » Dieu lui-même, qui a institué le mariage3. Souvent, sans doute, un prédica-
i. Voir des développements à ce sujet dans Michael, Gesch. des deutschen Volkes, II, 172-
a. « Felices ».
3. Dans son sermon pour le premier dimanche après l'octave de l'Epiphanie (Sermones de tempore et de Sanctis (édition n° ia58o, de II .un). Dans les Sermones mag. Nicolai de Niise, s. pagine professons, fr. Min. de observ. patris et provincie Francie provincialis vicarii. De tempore hyemale (Haguenau, i5io), fol. 83b-8o,b, on trouve, pour le second dimanche après l'Epiphanie, jusqu'à six sermons sur le mariage et sur l'état conjugal ; ils traitent soit de la dignité du mariage, soit de la préparation à un si grand sacrement, que l'on doit recevoir en état de grâce; ou ils disent comment ce sacrement confère la grâce. Ce Nicolas de Niise avait fait aussi sur les Sentences un commentaire qui était très répandu, même en Allemagne. Lorsqu'il mourut, il y avait déjà quatre ans que Luther était entré chez les Augustins. Et Luther avait douze ans quand mourut le scolastique allemand Gabriel Biel, qui laissa des prédications très recherchées (par exemple, les Sermones de t'mpore et de Sanctis, Haguenau, i5ao). Son sermon du second dimanche après l'Epiphanie, sur le mariage, est très remarquable. Parmi les dons les plus«xcellents que la Providence nous a faits pour notr» salut, Biel range l'institution du sacrement de mariage. Fol. 19 : « Inter cetera bona, que pro hominedvina providentia, cui cura est de nobis, ordinavit, non minimum immo precipuum est matrimonii sacramentalis institutio, quo xonvenienti ordine humana specie» conservatur, individua multi-
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leur mettait à profit le recueil des prédications d'un autre ; il les copiait et il exposait les mêmes idées que son prédécesseur. Mais cette manière de faire ne dimi-
plici adjutorio consolantur, contra camis incentiva et fomitis tyrannidcm remedium prœstatur, ad summa Dei collata nobis bénéficia intelligendum illuminativa signitîcatio instituitur, et ad politicum homo convictum sacramentali gratia roboratur, in quo magna et singularis Dei cura pro nobis carnalibus declaratur. De cujus matrimonii commendalione, quemadmodum denique in rnatrimonio vivendum sit, nunc pauca dicenda sunt. Nuptias itaque esse licitas ad litteram satis probat Christi matris et discipulorum presentia ac primi miraculi per Christum exhibitio : si tamcn secundum legem nuptiarum conjuges conversentur, ut ibi maneat Jésus cum matre etdiscipulis Domini ». Biel développe cette pensée ; il traite d'autres questions, et il passe à l'éducation des enfants. En tout cela, il n'enseignait rien de nouveau.
Son contemporain, plus âgé que lui, l'ermite de Saint-Augustin Gottschalk. Hollen, appelle le mariage un ordre, et il n'était pas le premier à lui donner ce nom. Cet ordre, dit-il, surpasse d'autant plus les ordres des bénédictins, des franciscains et des augustins qu'il a été institué par Dieu lui-même. Les époux peuvent encore moins transgresser leur règle quo les religieux. (Super epistolas dominicales, Haguenau, 1517; domin. 5 post epiphan. Voir aussi Laxdmann, Dos Predigtwesen in Westfalen, p. 180, où à l'avant-dernière ligne de la n. 4 il faut lire prœter au lieu de propter). Berthold de Ratisboxse et le dominicain Péreqrin, que j'ai cités dans le texte de l'ouvrage, sont les premiers chez qui j'ai trouvé cette pensée. Dans la suite, d'autres l'ont reprise: au xv* siècle, le dominicain Jean HéROLT(pour le même dimanche après l'Epiphanie, édition de Nuremberg, i&8o ; sur Hérolt, voir Paulus dans Zeitschrift fur kathol. TheoL, XXVI, p. 43g); puis les contemporains de Luther, plus âgés que lui, le chanoine de Passau Paul Wann (Hais, i6iA/j), et le franciscain Pelbart de Temesvar, dans ses (Pomerii) Sermones reportati de tempore (Haguenau, i5oa, serm. 27). Wann ajoute huit arguments pour la dignité du mariage ; le dernier est celui que l'on trouve ci-dessus, p. 5a, n. a, qu'il peuple le ciel d'élus et qu'il engendre des vierges. Dans son sermon pour le second dimanche après l'Epiphanie, Jean NiDERénumère jusqu'à quatorze privilèges de l'état du mariage (Sermones de tempore; Hain, n. 11799; Sermo i3). Dans 6om seizième sermon,