‹ Luther et le luthéranisme; étude faite d'après les sourcesChapitre 5 sur 283 · EFFET DU DON TOTAL DE SOI A DIEU II · texte numérisé non relu

EFFET DU DON TOTAL DE SOI A DIEU II

points, il devint là aussi l'adversaire de l'Eglise et des ordres. A partir de T021 il aime à revenir sur le « bap* tême monastique ». Les années précédentes, depuis i5i6, alors que déjà les lignes fondamentales de son « système » étaient arrêtées, il n'avait pas eu une minute pour en parler. Maintenant, au contraire, il trouve tout à coup à nous raconter qu'aussitôt après sa profession on l'avait renseigné sur les effets qu'elle produisait. Harnack1 tire d'un écrit de i533, « l'un des passages les plus caractéristiques » à ce sujet2 : « Moi aussi, dit Luther, lorsque j'eus fait profession, le prieur, la communauté, mon confesseur me félicitèrent d'être redevenu comme l'enfant qui vient d'être purifié par le baptême ». Mais dans quel ordre, dans quel monastère cet usage existait-il donc après la profession? Dans le couvent des augustins d'Erfurt, où Luther avait prononcé ses vœux, ou quelque autre part en Allemagne ? Comme nous l'avons vu il y a un instant, Usingen qui, quelques années plus tard, fit lui aussi profession à Erfurt, ne savait rien de cette coutume. Et de fait, quoique pendant la vie de Staupitz, Luther ait dit maintes choses qui lui attirèrent les reproches de son ancien supérieur, il n'osa pourtant pas se risquer à avancer cette affirmation de son vivant. En i533, Usingen lui aussi était mort3 ; dès lors, Luther n'avait plus à craindre de contradiction, puisque ses

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