‹ Luther et le luthéranisme; étude faite d'après les sourcesChapitre 59 sur 283 · I. Ci-dessu», p · texte numérisé non relu

I. Ci-dessu», p

a. En 1899, dans la Revue politique et. parlementaire (t. XX, p. ai- 65, Le mouvement féministe en Allemagne) une féministe, Madame Lily Braun Gizycki faisait de curieuses remarques sur la situation de la femme en Allemagne. C'est un fait constant, disait-elle, qu'en Allemagne la condition de la femme est inférieure à ce qu'elle est en général dans les autres pays de l'Europe. On a dit souvent que ce fait tenait au caractère des races germaniques. Mais, réplique-t-elle, dans l'Allemagne du moyen âge, les femmes étaient plus instruites que les hommes : elles le devaient aux gens d'église et aux troubadours. Au contraire, ajoute-t-elle « la Réforme a exercé une action défavorable sur la culture féminine. Luther déclara à plusieurs reprises que la femme n'avait à se préoccuper que du ménage et du soin de ses enfants, et qu'elle avait été créée exclusivement pour l'homme, conception qui s'est d'ailleurs maintenue dans l'Église protestante orthodoxe jusqu'à Une époque récente. •» Et l'auteur de l'article constate que pour conquérir quelques privilèges rares et problématiques, les femmes allemandes ont dû lutter contre une hostilité générale et tenace.

Comme on le voit, la féministe et le dominicain sont ici parfaitement d'accord. — Voir aussi V Apologetische Rundschau, avril 191 1 (N. d. T.).

tl4 LES CONSÉQUENCES DE LA. REFORME DE LUTHER

S 8. — Conséquences de l'attitude et des enseignements de Luther : le relâchement des mœurs, l'adultère, le mépris du mariage.

En i5ao, Luther avait manifesté son horreur du divorce au point de lui préférer la bigamie (sans oser toutefois affirmer qu'elle fût légitime1); en réalité, sous l'influence de sa doctrine, bigamie et divorce, le divorce surtout — ou du moins l'adultère, — se multiplièrent dans des proportions effroyables.

En 1Ô22, après avoir exposé sa théorie du divorce, il se fait à lui-même cette objection : a Par là, tous les mauvais maris et toutes les mauvaises femmes auront champ libre pour se séparer, et aller modifier leur sort en terre étrangère », c'est-à-dire pour s'y remarier, l'autre partie vivant encore. Luther ne trouve que cette réponse :

« Eh, qu'y puis-je, moi? C'est la faute de l'autorité. Pourquoi n'égorge- t-elle pas les adultères ? Je n'aurais plus alors à donner de pareils conseils. Mais de deux maux à supprimer, il faut choisir le plus grand, je veux dire porter remède à lafornication plutôt que d'empêcher les adultères de modifier leur sort dans d'autres pays 2 », c'est-à-dire de s'y remarier.

En essayant de se disculper, le « Réformateur » se montre encore plus condamnable. Le duc Georges de Saxe se plaignait que la doctrine de Luther eût multi-

i. Weim,, VI, 559(1020).

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