Ï2Ô CONSÉQUENCES DE LA. RÉFORME DE LUTHER
la remplir; et dans l'hydropisie, plus on boit, plus la soif est brûlante1. » Nous avons déjà remarqué plus haut que, pour la boisson comme pour le reste, « l'homme de Dieu » était un fils de son temps2. Son père allait jusqu'à l'ivresse ; mais il y restait gai, sans les fureurs qu'avait alors le fils d'une sœur de Luther, Jean Polner, pasteur de Jessen3. Pour Luther, il ne voulait pas non plus que tout le monde l'imitât dans ses « rasades », parce que « tous n'avaient pas autant de labeurs à supporter 4. » Bientôt l'on en vint à parler en Allemagne d'un ordre de buveurs5. Les autres nations, écrit Luther, « nous appellent les ivrognes d'Allemands ; il faut toutefois reconnaître qu'ils sont vertueux, car ils ne sont pas comme nous pleins de boisson et ivres °. » De l'aveu même de Luther, il n'en avait pas toujours été ainsi ; c'était de son temps que le vieux défaut s'était développé : « Quand j'étais enfant, disait-il, la plupart des gens, même parmi les
x. Erl., 3g, 353 (i534). Cf. Luthers Tischreden in der Mathesischen Sammlung, herausgeg. von E. Kroker (igo3), p. 376, n. 3n\ Cf. n" 1. 60, etc.