‹ Luther et le luthéranisme; étude faite d'après les sourcesChapitre 76 sur 283 · Anaiomise Lutheri, p · texte numérisé non relu

Anaiomise Lutheri, p

2. Erl., 20, 65 ; Weim., X, P. II, p. a83, 9 : « De même que je puis manger, boire, dormir, marcher, aller à cheval, trafiquer, parler et traiter avec un païen, un Juif, un Turc, un hérétique, ainsi je puis me marier avec lui. Envoie donc promener avec leurs lois les idiots qui s'y opposent ».

cipe suprême de la licéité d'un mariage était le droit d'épouser quiconque avec qui l'on pouvait manger, boire, dormir, marcher..., les empêchements de mariage "qui existaient jusque-là devaient nécessairement disparaître comme un amas de niaiseries1, et l'on aurait le droit de s'étonner que Luther ne permît point le mariage entre frère et sœur. Défait, il adhéra aussi à ce principe.

En i5a8, il déclara morts, c'est-à-dire abolis, tous les empêchements matrimoniaux de droit ecclésiastique, et ceux-là même qui dans le nombre sont de droit naturel, ou qui y touchent de près, comme ceux de consanguinité, d'affinité, ou ^.'honnêteté publique. C'est ce qui résulte déjà du mot « mort » qu'il écrivit en marge de ce titre d'une section dans un mémoire de Spalatin : « De la consanguinité, de l'affinité et de la parenté spirituelle qui empêchent le mariage ». 2 II passe ensuite au détail ; et là, chose incroyable mais logique, parmi les empêchements de consanguinité, il déclare morts, c'est-à-dire abrogés, l'empêchement de con-

i. Erl., 20. 62 et suiv.; Weim., X, P. II, p. 280, 7.

a. Le 3 janvier 1528, Jean, Electeur de Saxe, demandait à Luther de revoir et de corriger un mémoire de Spalatin sur le mariage. Luther le fit. Ce mémoire, avec les corrections et les notes marginales de Luther, se trouve dans Burkha.rdt, Martin Luthers Brie/wechsel, p. i28-i3o, et dans Enders, VL, 182-186. C'est à la p. i3o que se trouvent les passages qui nous intéressent. Cette partie du mémoire a pour titre: « De la parenté et de l'affinité qui empêchent le mariage par leur nature et par la loi ». A côté de ce titre, Luther écrit le mot « mort » qui annihile tout. Dans Texamen des différents cas, Spalatin écrit : (g) En premier lieu le mariage entre parents en ligne ascendante et descendante est absolument interdit à un degré illimité ». En marge de cette phrase Luther écrit : « mert ». Spalatin dit ensuite : (6). «En

SUPPRESSION DES EMPÊCHEMENTS DE MARIAGE l4l

sanguinité en ligne directe, du moins à un degré illimité (a) ; et celui de consanguinité en ligne collatérale, même au premier degré, entre frère et sœur (6). Naturellement, le mariage avec sa nièce, ou avec sa tante (6), les degrés d'affinité, autrement dit de parenté par alliance (c, d), l'empêchement à.' honnêteté publique (e), tous ces cas faisaient encore moins difficulté.

Tout cela était en conformité avec la conception de Luther sur la liberté chrétienne, ou, pour mieux dire, sur la dissolution de la vie chrétienne, en conformité aussi avec son idée fixe de faire toujours le contraire de ce que les lois de l'Eglise avaient établi *.

second lieu, le mariage est défendu entre frère et sœur, ainsi qu'avec sa nièce ou sa petite-nièce. De même, il est défendu de se marier avec sa tante ou sa grand'tante. » A la marge de la première ligne et par conséquent pour toute la phrase Luther écrit : « mort ». Viennent ensuite les passages sur l'affinité (c) (d), et l'honnêteté publique (e). Du reste, la légitimité que reconnaît Luther au mariage entre frère et sœur découle de ses principes, et seule la jurisprudence impériale aurait pu le décider aie reconnaître comme illicite. De son mot « mort » en marge de la première phrase (a), on pourrait même conclure que, pour lui, le mariage entre père et fille, entre mère et fils, était lui aussi permis.

i. De la licéité du mariage au premier degré de consanguinité, les protestants d'alors ne disent rien, et ailleurs à ma connaissance, Luther lui-même n'y a jamais fait allusion. Ajoutons que çà et là, chez ses adhérents, on se scandalisait de mariages conclus entre personnes parentes au second ou au troisième degré ; on les jugeait contraires à l'honnêteté naturelle. Ainsi, en i53/i, parut dans le Wurtemberg une ordonnance contre les « personnes bestiales, effrontées et sans vergogne qui, contrairement à l'honnêteté naturelle », se mariaient « au second et au troisième degré de parenté ou d'affinité ». Voir Dôllinger, ouv. cité, II, 445 et note 3o.

(N. d. T.) :.Les annotations de Luther dont vient de parler Denifle sont certainement authentiques, mais Walther en propose

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