‹ Luther et le luthéranisme; étude faite d'après les sourcesChapitre 77 sur 283 · λAR NATURE L'AME EST CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

λAR NATURE L'AME EST CATHOLIQUE

S 9. — Comment la situation s'améliora. — Par nature, l'âme est catholique et non luthérienne K

La plupart des protestants d'aujourd'hui ignorent les maximes émises par leur père au sujet du mariage ; ils ne peuvent donc pas se rendre compte des conséquences qu'elles auraient amenées si elles étaient restées longtemps en vigueur ; c'eût été la ruine totale de la société. Aussi, en se bornant à constater la décadence générale des mœurs parmi leurs coreligionnaires, des prédicateurs et même des réformateurs ont émis des jugements comme celui-ci : « Nous devons reconnaître... avec loyauté qu'en Allemagne, à l'heure présente, tout ce qui se nomme péché, vice, honte est

une autre explication (W. Walther, Fur Luther wider Rom, 190G, 691-692). L'écrit de Spalatin était un projet d' « instructions pour les visiteurs des paroisses » ; Luther y mit des remarques marginales, et il écrivit ensuite son mémoire. Dans ce mémoire (Ed., 53, Z» 1 7 et suiv., De Wette, III, a58 et suiv.), il dit que le mieux est de ne rien imprimer sur les empêchements de mariage; sur ce point, les visiteurs donneraient plutôt aux pasteurs des renseignements écrits ou oraux. D'où le mot « mort » en marge du projet de Spalatin serait une note pour l'imprimeur: «à supprimer ». — De même dans Grisar, Luther, II, aflo-aii, 5o3.

1. Die Seele von Natur aus katholisch, nicht lutherisch : il nous paraît que l'expression par nature est la meilleure et même sans doute la seule convenable pour rendre von Natur aus.

Plus bas (p. 297, ici 140) Denifle dit: Die eben kurz berûhrte Erscheinung beweist wenigstens dos eine, dass die menschliche Seele von Haus aus christlich im Sinne von katholisch ist. Et quelques lignes après, il répète l'expression von Haus aus. Ces mois nous semblent synonymes de von Natur aus, et c'est pourquoi nous les avons traduits par une expression équivalente : Par elle-même. — Originaire' ment conviendrait aussi, mais spontanément serait peut-être trop faible (N. d. ï.)

RETOUR AUX PRINCIPES CATHOLIQUES l4$

arrivé au comble, et vraiment l'on peut croire que dans tout le reste du monde les Esprits mauvais ne sont pas en plus grand nombre que dans la seule Allemagne... Les gens eux aussi devraient se cbanger en démons ; on ne peut être pire sous une enveloppe humaine1. »

C'est un point sur lequel les biographes de Luther et les pasteurs trompent le public protestant. On dit à ce public que la régularité dans la vie de famille d'aujourd'hui, telle qu'on la rencontre souvent aussi chez les protestants, et que je l'ai moi-même constatée dans mes relations avec eux, que cette régularité est due aux principes que Luther a établis dans sa lutte contre l'Eglise. On se garde de dire combien a été injuste et captieuse la guerre qu'il a faite aux lois de l'Eglise sur le mariage, ainsi qu'au mariage en tant que sacrement ; combien, à son époque et à celle qui suivit, ses principes ont été destructeurs du mariage et de la vie de famille. Il se peut qu'un certain nombre de protestants qui ont écrit sur Luther, et tout au moins un grand nombre de pasteurs, en agissent ainsi de bonne foi, habitués qu'ils sont à célébrer a priori Y « action morale de Luther » et les « bienfaits d'une Réforme bénie de Dieu /). Un point toutefois est certain, et ils l'oublient tous de concert: c'est qu'en établissant les principes de sa doctrine, Luther ne pensa presque jamais à regarder les conséquences, et surtout les conséquences pratiques, qui en découlaient. Ainsi, au début de la guerre des paysans, en fut-il de sa doctrine sur

i. Du luthérien A. Musculus, Von des Tcufeh Tyrannei, dans le

Thcalrum diabolorurn, fol. 128, iZih. — • ••• • • «

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