‹ Luther et le luthéranisme; étude faite d'après les sourcesChapitre 97 sur 283 · I Cor. 7, 11. Voir ci-dessus, I, p · texte numérisé non relu

I Cor. 7, 11. Voir ci-dessus, I, p

3. Plus loin, dans un registre de péchés dressé par Luther, nous verrons que ces rêveries impures de jour et de nuit furent bien l'un de ses défauts.

3. Tu cave ne credas eos caste vivere quos constat impie vivere, tum alienis opibus saginatos, ocio, saturitate et abundantia seeuros agere. Weim., VIII, 65o (i5ai).

VERTUS DES RELIGIEUX .' EBERLIN DE GUNZBOURG 1 76

marque », un « imposteur », un « assassin d'âmes », n'en fut pas moins obligé de délivrer à la plus grande partie de ses anciens confrères dans l'ordre de l'Observance le plus éclatant témoignage de l'honorabilité de leur conduite, de la pureté de leurs mœurs et de l'austérité de leur vie; comme témoin oculaire, et d'après sa propre expérience, il dut, malgré lui, démentir les accusations collectives de Luther2. Qu'avec cela, Eber-

3. Wider die falschscheynende gaystlichcn, etc., dans J. Edeulis von Gùnzburg, Sàmtliche Schriften, éd. Enders, III, 45. Deux ans après les accusations de Luther (i5a3), Eberlin écrit : « Leurs paroles, leurs actions et leur tenue sont chastes ; — je parle du plus grand nombre : il n'y a pas à s'étonner si sur cent il y en a un à agir autrement ; on punit sévèrement celui qui tombe afin de mettre les autres en garde. Un rude habit gris, une ceinture de chanvre, pas de chaussures ni de haut-de-chausses ni de pourpoint ; pas de chemise de lin, pas de bains ; dormir tout habillé, et non sur la plume mais sur la paille; jeûner la moitié de l'année; chanter et lire au chœur plusieurs heures par jour, etc.: voilà qui montre à tous les hommes que leur corps ne réclame rien ou qu'ils ne Vécoulent pas. Simplicité dans les vêtements et dans la tenue, grande obéissance, abstention des titres des hautes écoles, quoi qu'eux aussi ils aient de la science, voyages rares et jamais à cheval, ce qui serait trop coûteux : voilà qui montre qu'ils ne courent pas après les honneurs ou le luxe. Ne rien posséder ni en commun, ni en particulier; ne pas prendre d'argent et ne mettre la main sur rien, ne pas tourmenter le peuple par le cens ou des rétributions obligatoires, mais ne vivre que d'aumônes offertes spontanément : voilà qui montre leur mépris de toutes les richesses. Aussi le monde s'étonne de ces gens qui ne s'adonnent à aucun plaisir sensuel avec les femmes, qui ne s'accordent aucune satisfaction dans la nourriture, — car ils jeûnent fréquemment et ne mangent jamais de viande, - qui renoncent aux vêtements délicats, aux longs sommeils, etc. Ils ne font aucun cas des honneurs, ni des biens temporels, alors que, cependant, tous les hommes y aspirent avec ardeur. Aussi le monde juge bien vite qu'ils sont au-deit us de l'humanité ; on comprend qu'ils puissent prêcher et

lin représente ses confrères comme des égareurs d'âmes, cela importe peu ; car avec Luther, il condamnait toute « sainteté par les œuvres », et il y voyait une apostasie du Christ. Mais le peuple, comme il disait, leur était attaché ; car par la dignité de leur vie, ils en étaient venus à s'attirer tout le monde. « Le vulgaire, disait lui aussi Luther, regarde toujours plus à la vie qu'à la doctrine » ; et u un homme n'est jamais mieux suborné que par ces trompeuses apparences de sainteté1. »

Puis, de temps à autre, le même Luther tonnait contre les moines comme étant par excellence des gens qui voulaient être saints par leurs œuvres et opérer par eux-mêmes leur justification, qui s'élevaient au-dessus du peuple, regardant la foi au Christ comme une chose vulgaire et inférieure à leurs œuvres2. Il est allé

entendre les confessions ; travailler à détourner les autres des vices et les exhorter à entrer dans la voie de la vertu, à redouter l'enfer et le jugement de Dieu, à désirer le royaume des cieux; qu'ils aient toujours sur les lèvres le nom et la parole de Dieu, ce qui donne légitimement lieu de croire qu'ils sont parfaitement instruits de l'Ecriture sainte ; on voit que par leurs œuvres et par leur vie, ils mettent en pratique ce qu'ils enseignent par leurs paroles », etc.

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