‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 122 sur 278 · I Pierre, II, i · texte numérisé non relu

I Pierre, II, i

LUTHER ET LE DROIT CANON l85

tien où l'on garde sa liberté. * » Mais la Glose n'appartient pas à la collection du droit papal ; elle n'est qu'un commentaire, qui a disparu des éditions modernes 2. Du reste, la présente remarque est-elle erronée? Non. Le précepte est : a Soyez soumis », et le conseil: « à cause de Dieu », c'est-à-dire, faites-le pour l'amour de Dieu.

Avec ces articles, Luther a montré de bonne heure ^ précisément le contraire de la u candeur », ou de r (( amour de la vérité ». Les autres articles ressemblent aux deux que nous venons d'examiner, avec cette seule différence que souvent ils conviennent mieux à ses faits et gestes postérieurs qu'aux doctrines contenues dans les livres du droit pontifical*. Natu-

1. « Propter Deum. Per quod videtur esse consilium perfectionis, in quo est liberum arbitrium. »

2. Cette Glose, formée des commentaires de plusieurs auteurs du moyen-âge et notamment de Bernard Bottoni ou Bernard de Parme (y i263) se trouve dans presque toutes les éditions des Décrétales d'avant i5oo, et même du commencement du xvi' siècle. Je Tai lue notamment dans l'édition de 1607 (Paris, Gering et Rembolt), f. 76; de 1619 (Lyon, Pradin), f. 92. Voir aussi J. F. von Schulte, Die Geschichte der Quellen und Literatur des Canonischen Redites, t. II (1877), P- ^i^» etc. (N. d. T.).

3. Déjà, du reste comme nous l'avons vu, il n'en était pas à ses débuts.

k. Ainsi, à propos de Varticle -4 : « Le pape et son Siège ne sont pas obligés de se soumettre aux conciles et aux décrets », Luther cite le cap. Signijicasti de elect. [Décret, lib. I, tit. VI, cap. k\. Pour son malheur, ce reproche n'atteint pas le pape Pascal, l'auteur de cette décrétale; par contre, dès iBig, c'est-à-dire, un an avant qu'il écrivit ces articles, Luther lui-même s'est déclaré indépendant des conciles : <(.Je veux être libre, et n'être captif d'aucun concile ni d'aucun pouvoir. Désormais, une voie nous a été ouverte pour paralyser la puissance des conciles, parler librement contre leurs actes et juger leurs décisions. » Weimar, II, iio/i-AoG (lôig). — Et que dire

l86 IGNORANCE DE LA DOCTRINE CATHOLIQUE

rellement, Knaake, qui a publié ces articles dans l'édition de Weimar, n'a rien vu de tout cela ; il va même jusqu a laisser passer sans mot dire le mensonge extravagant de l'article 37, où l'on apprend qu'on lit dans te droit canon : « Les gens mariés ne peuvent servir Uieu ». Les biographes de Luther agissent comme Knaake. Kôstlin, par exemple, parle de ces articles et les approuve sans la moindre réserve. Kawerau marche sur ses traces i. La méthode critique, dont ailleurs on sait faire usage dans les ouvrages scientifiques, doit être exclue des études protestantes sur Luther !

On est esclave des axiomes protestants traditionnels qui remontent aux mensonges de Luther. Tel est. par

do farticle 10 : « Personne ici-bas n'a le droit déjuger le pape » > ro„ ;., malheurs gui ont fait irruption sur r£g4 écrit Luther' ontleur source dans cet article capital. Très bien mais pourvu

>rUole if nZ "T "" """'' ''""^^^- Lorsqu'il extrayait cet article .( ne songeait pas encore à fonder une Eglise ; mais après .5... lorsque d'ailleurs sans succès, il se préoccupait de ceîL ondat,on. ,1 écrivit qu'il ne ooulait voir sa doctrine jug^Jp^

étaf T; n' "T' P"."° '"^" ^'"«' ^" •" '"..., car 's'a doctr^e t n ^nM f "°" ''' '"' " (Eriangen, .8, ,u (.5=.) ; ci-dessus! t-lll, p. igS). La même année, il disait dans un sermon ; «Pane mon cher s.re, que Votre Grâce entende bien. Je dis : Celui qufâ la fo. est un homme spirituel et il juge toutes choses et A' s' mgépar personne, et si une simple petite fllle de meunier voire même un enfant de neuf ans qui aurait la foi,7uge d'après Kva„g.,e : le pape lui doit obéissance, et s'il est 'vrl^ent Zl tien ,1 do t se mettre sous ses pieds. Même devoir aussi pour les hautes écoles, pour les savants et pour les sophistes» ÊrTangen .8, .49 . Alns. donc, la fillette d'un meunier, un enfant de neuf ans qui juge selon << l'Evangile » de Luther „. doit etrejuJZr personne ; bien plus, le pape doit se soumettre à cet enfant se mettre sous ses pieds ! cnani, se

.. Martin Luther, 5- édit. (publiée par Kawerau), I, 376

Page 1