LE CHRIST ET LE PAPE
exemple, le cas de la Revue catéchétiqiie K officiellement recommandée, lorsque dans un article « Sur la pratique nationale de Yinstmciion des confirmands », elle donne cette différence entre « l'Eglise évangélicoluthérienne » et l'Eglise catholique romaine : u Notre Eglise (!) évangélique (luthérienne) a pour devise : Christ seul ! L'Eglise catholique romaine : le pape seul ! » Ces deux phrases renferment des erreurs si monstrueuses que, comme machinalement, l'auteur, un certain Bœhmer, licencié en théologie et pasteur, les fait suivre de points d'exclamation î
Sous l'empire des mêmes préjugés, on colporte partout le mot contraire à la Bible, que pierre fondamentale de la conception hiérarchique d'une médiation antichrétienne entre Dieu et le monde, le pape ne
I. Katechetische Zeitschrift, organe pour l'instruction religieuse protestante, au temple et à l'école. Quatrième année (fascicule b), Stuttgart, 1901, p. 339. On y lit plusieurs autres erreurs vraiment monstrueuses, des fables luthériennes très goûtées dans les milieux protestants. Par exemple : « Dans l'Eglise romaine, 1 n'y a que le pape à avoir le droit d'expliquer la Bible, mais il l'explique à faux et il met ses propres doctrines au-dessus de la Bible {Doctrines erronées sur la messe, les sept sacrements, le culte des saints, Vadoration de Marie, le culte des reliques, les indulgences, la confession auriculaire, le pouvoir sacerdotal)». « Dans l'Eglise romaine, tout n'est qu'œuvres humaines, le bonheur du ciel lui-même doit être mérité. Dans l'Eglise évangélico-luthérienne, nous ne connaissons que le Seigneur Christ, qui veut nous faire don de la béatitude et ne nous juger que d'après sa parole contenue dans l'Ecriture ». 11 est vraiment attristant que des âmes d'enfants reçoivent de tels mensonges en nourriture, qu'on les égare, et qu'on leur inocule ainsi la haine de l'Eglise catholique. [Voir dans le Deutsches Adeisblatt, 1911, un très noble article du protestant Boddien sur les préjugés qui ont cours contre les catholiques dans les milieux protestants même les mieux instruits et les moins fanatiques. N. d. T.]
l88 IGNORANCE DE LA DOCTRINE CATHOLIQUE
peut être fidèle à ses attributions que pour le malheur du monde i.
Dominés par des principes a pnon, on a écrit des phrases comme celles que nous avons citées plus hauts : les protestants ne peuvent prendre qu'une position à l'égard des Jésuites, à savoir, de ne pas les tolérer, car toute reconnaissance, toute tolérance que 1 on accorderait à leurs principes et à leur activité serait une trahison à l'endroit de l'église protestante (!) et 1 abandon de son existence normale, etc. Que dans des phrases de ce genre « transperce » cet axiome : la fin justifie les moyens, c'est ce que les protestants ne veulent pas reconnaître, ou ce dont ils se soucient fort peu. Par contre, et en cela ils sont fidèles à la méthode de Luther, c'est à d'autres, aux Jésuites, qu'ils attribuent ce principe. Ce que dans cet ordre de faits ont produit récemment Tschackerts et Zôckler * est vraiment mcroyable ; toutes les protestations et réfutations les mieux fondées ont été inutiles; ils ne les ont même pas discutées 5. La fin justifie les moyens : si les protestants veulent être logiques, ils sont même obligés de se conduire d'après ce principe. Quiconque recon-